Origine et histoire
Le château de Mazères, situé à Barran dans le Gers, trouve ses origines au XIe siècle avec les premières donations de terres et vignes à l'archevêché d'Auch. En 1090, Pierre de Vic, devenu chanoine, offre le domaine de Mazères, alors simple exploitation agricole avec quelques éléments fortifiés. Ce n'est qu'à la fin du XIIIe siècle, sous l'impulsion d'Amanieu II d'Armagnac, archevêque d'Auch de 1261 à 1318, que le château actuel est construit, incluant une chapelle, une aula, et des éléments défensifs comme des tours.
Le château subit des transformations majeures aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Jean de la Trémoille (archevêque de 1490 à 1507) ajoute un portail et des douves, tandis que Dominique de Vic (1625-1661) agrandit les communs et réaménage l'intérieur. Jean-François de Montillet (1742-1776) modernise les fenêtres et la décoration. À la Révolution, le château est vendu comme bien national, puis passe entre les mains de familles privées, comme les Ferbeaux, qui l'embellissent au XIXe siècle.
Au XXe siècle, le château sert d'hôpital militaire pendant la Première Guerre mondiale avant d'être abandonné. Rachat en 1981 par des particuliers, il est depuis en cours de restauration. Classé monument historique en 1981 et 1989, il conserve des éléments médiévaux comme des gypseries, une chapelle peinte, et un nymphée dans son parc. Son architecture reflète son double usage : résidence épiscopale et domaine agricole fortifié.
Les vestiges des tours du XIIe siècle, la rose sculptée similaire à celle du palais de Majorque (1291), et les carreaux de céramique datés entre 1280 et 1350 témoignent de son histoire médiévale. Les inventaires successifs (1318, 1583, 1684, 1776) documentent son évolution, tandis que des études récentes, comme celles d'Olivier Meslay, éclairent son rôle pendant la Grande Guerre ou ses transformations classiques.
Aujourd’hui, le château de Mazères reste une propriété privée, illustrant près de mille ans d’histoire religieuse, seigneuriale et architecturale en Gascogne. Ses protections au titre des monuments historiques couvrent aussi bien le bâti que des éléments paysagers comme le vivier et le nymphée, soulignant son importance patrimoniale régionale.