Origine et histoire du Château de Meillonnas
Le château de Meillonnas, édifié vers 1350 par Humbert de Corgenon, bailli de Bresse, fut le cœur de la seigneurie de Meillonnas. À l’origine possession des sires de Coligny, il passa successivement aux mains des sires de la Tour-du-Pin, des dauphins de Viennois, puis des comtes de Savoie, dont Amédée V en 1289. Édouard de Savoie le céda à Humbert de Corgenon, qui obtint les droits de justice haute, moyenne et basse. Le château, entouré de fossés et doté de quatre tours carrées, symbolisait le pouvoir seigneurial local, tout en abritant une cour fermée et des dépendances militaires.
Au fil des siècles, la seigneurie changea de mains par alliances et héritages. Au XVe siècle, elle appartint aux Seyssel, famille noble qui y érigea des fourches patibulaires en 1460. Françoise de La Chambre, par testament en 1529, transmit Meillonnas à son neveu Charles de La Chambre-Seyssel, sous condition de porter le nom et les armes de Seyssel. La terre resta dans cette lignée jusqu’en 1740, date à laquelle Victor-Amé de Seyssel Asinari la vendit à Nicolas de Marron, écuyer, pour 61 900 livres. Cette transaction marqua le début d’une nouvelle ère, avec l’installation d’une manufacture de faïence au XVIIIe siècle.
Le château connut des transformations majeures, notamment sous Gaspard Constant Hugues de Marron et son épouse, qui en firent une baronnie avant la Révolution. Au XIXe siècle, une des tours s’effondra, mais subsistent encore trois tours, des murailles, et une église adossée à l’une d’elles. Les peintures murales des XVe–XVIe siècles, ainsi que les bâtiments Renaissance entre la tour nord-ouest et le corps est, témoignent de son riche passé. Classé monument historique en 2007, le château, partiellement propriété communale, n’est pas ouvert au public, bien que ses parcelles adjacentes et l’ancien « pré aux fosses » soient protégés.
Le site abritait aussi une faïencerie réputée, dont les vestiges incluent des fours à calciner et des aménagements du XVIIIe siècle, comme une cuisine et un corps de bâtiment modifié en 1759–1765. L’accès nord, autrefois jardin à la française, fut transformé en espace de travail pour la manufacture. Ce double héritage, à la fois militaire et industriel, illustre l’évolution économique et sociale de Meillonnas, liée à son château depuis le Moyen Âge.