Origine et histoire du Château de Menetou-Couture
Le château de Menetou-Couture, situé dans le département du Cher en région Centre-Val de Loire, est un édifice emblématique construit au milieu du XVe siècle par la famille de Villaines. Son donjon, culminant à 38 mètres avec une charpente imposante de 17,50 mètres de haut, est entouré d’un parc aux arbres centenaires. Ce château-fort, initialement conçu comme une place avancée de la Bourgogne, dépendait des seigneurs de Nevers et de l’archevêché de Bourges. Il ne subsiste aujourd’hui que le donjon et une tour d’angle abritant une chapelle, tandis que les douves ont été comblées.
Au XVIIe et XVIIIe siècles, des bâtiments annexes, dont une boulangerie, furent accolés au donjon, atténuant son aspect militaire originel. Le château fut partiellement démantelé en 1569 pendant les Guerres de religion par les troupes du duc des Deux Ponts. En 1913, menacé de démolition, il fut sauvé par un classement au titre des Monuments Historiques en 1917, signé par Raymond Poincaré. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il servit de Kommandantur allemande.
Le château a connu plusieurs familles propriétaires, dont les Villaines (XVe siècle), les d’Anlezy, puis les Guillon (XVIe–XVIIIe siècles), une lignée berrichonne influente. Marcellin de Guillon et ses descendants, comme Antoine de Guillon (officier sous Louis XIV), marquèrent son histoire. Au XIXe siècle, les Rolland d’Arbourse entreprirent d’importantes restaurations, avant que le domaine ne soit vendu en 1908. Depuis 1995, le donjon est ouvert au public après des travaux de restauration majeurs.
Parmi les personnages historiques liés au site, Louis XI y séjournait en 1482 lors d’un pèlerinage, et Henri IV y aurait résidé en 1597 après avoir reçu des canons du chevalier Marcellin de Guillon pour le siège d’Amiens. Ces visites royales soulignent son importance stratégique et politique.
Architecturalement, le donjon rectangulaire, malgré son obsolescence face à l’artillerie naissante, symbolisait la puissance seigneuriale. Ses tourelles abritent un escalier à vis et des latrines, tandis que la chambre de guet offre une vue par une fenêtre ornée de pinacles. Les restaurations récentes ont permis de préserver ce témoignage des transitions entre Moyen Âge et Renaissance.