Frise chronologique
VIIe siècle
Première mention écrite
Première mention écrite
VIIe siècle (≈ 750)
Cité comme *Camp de Mercure* dans les Miracles de saint Didier.
XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIIe siècle (≈ 1350)
Première forteresse édifiée par les évêques de Cahors.
1486-1488
Reconstruction par Antoine d’Alamand
Reconstruction par Antoine d’Alamand
1486-1488 (≈ 1487)
Tour maîtresse et chapelle refaites.
1626-1637
Modernisation par Pierre Habert
Modernisation par Pierre Habert
1626-1637 (≈ 1632)
Façades et défenses remaniées.
1905
Nationalisation puis vente
Nationalisation puis vente
1905 (≈ 1905)
Devenu propriété de l’État, revendu en 1906.
1939-1943
Refuge pour enfants juifs
Refuge pour enfants juifs
1939-1943 (≈ 1941)
80 enfants sauvés par l’OSC.
1942
Ralliement à la Résistance
Ralliement à la Résistance
1942 (≈ 1942)
Rencontre secrète des Compagnons de France.
1947
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1947 (≈ 1947)
Façades et toitures protégées.
Années 1960
Transformation en hôtel-restaurant
Transformation en hôtel-restaurant
Années 1960 (≈ 1960)
Par Georges Héreil (Relais & Châteaux).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures : inscription par arrêté du 15 septembre 1947
Personnages clés
| Antoine d’Alamand - Évêque de Cahors (1486-1488) |
Reconstruit partiellement le château. |
| Pierre Habert - Évêque de Cahors (1626-1637) |
Modernisa façades et défenses. |
| Jean-Louis Faure - Médecin propriétaire (1906-1947) |
Accueillit enfants juifs et collaboration. |
| Georges Héreil - Propriétaire (années 1960-1979) |
Créa l’hôtel-restaurant 4*. |
| Yvonne Lévy-Engelmann - Artiste et résistante |
Géra l’hébergement des enfants juifs. |
| Guillaume de Tournemire et Georges Lamarque - Résistants (réseau Alliance) |
Organisèrent le ralliement en 1942. |
Origine et histoire
Le château de Mercuès, situé dans le Lot en région Occitanie, domine la vallée du Lot depuis le Moyen Âge. Mentionné dès le VIIe siècle sous le nom de Camp de Mercure, il aurait pu être un fort, bien que les premières constructions attestées datent du XIIIe siècle. Les évêques de Cahors, chargés de défendre la cité contre les Anglais et les routiers, en firent une forteresse stratégique pour contrôler les approches de Cahors et la vallée. Le château devint leur résidence d’été pendant sept siècles, jouant un rôle clé dans les conflits médiévaux du Midi de la France.
Au XVe siècle, l’évêque Antoine d’Alamand entreprit une reconstruction partielle, notamment la tour maîtresse à mâchicoulis et la chapelle. Les XVIIe et XVIIIe siècles virent des aménagements majeurs : l’évêque Pierre Habert (1626-1637) modernisa les façades et les défenses, tandis que des éléments décoratifs (faux appareils, terrasses) furent ajoutés. Après la Révolution, le château changea plusieurs fois de mains, passant des évêques à des propriétaires privés, dont Mgr Grimardias, qui restaura son faste au XIXe siècle.
La loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État fit du château une propriété étatique, revendue en 1906 au médecin Jean-Louis Faure. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le domaine abritera à la fois des enfants juifs sauvés par l’Œuvre israélite des séjours à la campagne (1939-1943) et un centre de civisme vichyste. En 1942, une rencontre secrète y scella le ralliement des Compagnons de France à la Résistance. Classé Monument historique en 1947, il devint un hôtel-restaurant sous Georges Héreil (années 1960), puis un domaine viticole et gastronomique réputé, membre du réseau Relais & Châteaux.
Le vignoble de 35 hectares, planté en Malbec (ou Côt), Merlot et Tannat, produit des vins rouges de garde et un blanc moelleux à base de Chenin. La densité exceptionnelle des ceps (6 666 pieds/hectare) confère aux vins une concentration remarquable. Le restaurant, étoilé au Guide Michelin, met en valeur les produits locaux (truffe, safran, Malbec) dans l’ancienne salle à manger des évêques.
L’architecture du château mêle éléments médiévaux (donjon, archères, mâchicoulis) et aménagements des XVIIe et XVIIIe siècles (façades à meneaux, terrasses, jardin d’agrément). La cour centrale, entourée de logis et de tours, conserve une chapelle et un escalier en vis de style flamboyant. Les intérieurs, refaits au XIXe siècle, abritent des chambres thématiques (styles Louis XVI, Art déco) et un parquet classé orné d’un cadran solaire.
Aujourd’hui, le château de Mercuès allie patrimoine, œnologie et hôtellerie de luxe. Ses 24 chambres et 6 suites, décorées selon différentes époques historiques, perpétuent la mémoire des évêques de Cahors. Le domaine, ouvert au public, propose des visites du vignoble, des dégustations et une expérience gastronomique dans un cadre classé, entre histoire et modernité.