Château de Mercuès dans le Lot

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château Médiéval et Renaissance

Château de Mercuès

  • Chemin de la Portette
  • 46090 Mercuès
Château de Mercuès
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Château de Mercuès
Château de Mercuès
Château de Mercuès
Crédit photo : Torsade de Pointes - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
700
800
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
VIIe siècle
Première mention historique
XIIIe siècle
Construction capétienne
Fin du XVe siècle
Reconstruction majeure
XVIIe siècle
Travaux d'embellissement
XVIIIe siècle
Rénovations et ajouts
1905
Vente du château
1947
Classement historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures : inscription par arrêté du 15 septembre 1947

Personnages clés

Barthélemy de Roux Propriétaire du château en 1254.
Antoine d'Alamand Évêque sous lequel le château a été reconstruit à la fin du XVe siècle.
Pierre Habert Évêque responsable de travaux au XVIIe siècle.
Jean-Louis Faure Propriétaire du château après 1905.
Georges Vigouroux Vigneron-négociant ayant relancé l'exploitation hôtelière et viticole.

Origine et histoire du Château de Mercuès

Le château de Mercuès, perché sur la rive droite du Lot dans la commune de Mercuès (Lot, Occitanie), a été pendant sept siècles la résidence d'été des comtes-évêques de Cahors ; il accueille aujourd'hui un hôtel Relais & Châteaux, un restaurant étoilé et un vignoble en AOC Cahors. L'édifice principal, orienté sud, forme un grand corps de bâtiment posé sur l'arête du coteau, flanqué de deux ailes perpendiculaires au nord qui ferment une cour quadrangulaire bordée au nord par l'ancien mur d'enceinte et sa porte d'entrée. L'accès se fait par un pont sur le fossé, qui remplace l'ancien pont-levis. Les parties les plus anciennes que l'on reconnaît aujourd'hui correspondent à des interventions médiévales et à des aménagements du XVe siècle, tandis que d'autres éléments datent du XVIIe siècle et que des remaniements ont été effectués au XVIIIe siècle. Les terrasses extérieures, perrons et escaliers sont du XVIIIe siècle ; les façades ouvrant sur la cour et l'escalier principal à rampes droites conservent leur ordonnance du XVIIe siècle, avec des fenêtres à meneaux carrés. Les intérieurs ont été refaits au XIXe siècle, mais certaines salles conservent des plafonds à la française avec poutres apparentes. Une mention du "castrum mercurii" dans les Miracles de saint Didier au VIIe siècle suggère que le site relevait déjà des évêques de Cahors à une époque ancienne. En 1254, le lieu était aux mains de Barthélemy de Roux ; la tour nord-ouest présente des caractéristiques — notamment une batterie d'archères à étriers triangulaires — qui évoquent des constructions capétiennes du milieu du XIIIe siècle. L'angle sud-est des logis et la tour maîtresse à mâchicoulis, ainsi que la tour d'escalier en vis de l'aile ouest, semblent relever d'une reconstruction de la fin du XVe siècle, vraisemblablement conduite sous l'épiscopat d'Antoine d'Alamand. Les mâchicoulis qui surmontent les deux tours principales paraissent plus récents, ce que suggèrent le faible calibre des trous de tir conservés dans les parapets. Le portail d'entrée à pont-levis et le portail ouvrant sur l'escalier principal, dont les bossages rapprochent les traitements de ceux de l'église paroissiale, datent de la première moitié ou du milieu du XVIIe siècle. Une part importante des élévations sur cour, notamment l'aile sud, ainsi que des croisées aux piédroits de briques et linteaux et traverses de pierre, appartiennent à la même époque ; ces travaux sont attribués à l'évêque Pierre Habert (1626-1637), qui aurait également fait réaliser une grande partie des lignes extérieures de défense. D'autres réaménagements, parmi lesquels l'aile sud-ouest, sont l'œuvre du XVIIIe siècle ; les crépis réticulés figurant de faux appareils datent de cette période. Les lignes extérieures de défense et les fossés reflètent une superposition d'époques : éléments médiévaux pour la terrasse sud et l'angle de courtine nord, tours de flanquement des XVe-XVIe siècles à l'ouest et fossés du XVIIe siècle. Un plan de jardin d'agrément de 1876 est conservé sur place, mais seuls de rares vestiges subsistent actuellement. Propriété des évêques jusqu'à la loi de 1905, le château fut alors vendu à Jean-Louis Faure qui en fit sa résidence ; le domaine de vingt hectares fut classé site à caractère artistique le 27 décembre 1913. Sous le professeur Faure, le château servit en 1939 d'hébergement pour des enfants juifs accueillis par l'Œuvre israélite des séjours à la campagne ; plus de quatre-vingts d'entre eux furent protégés jusqu'en 1943, successivement logés au château puis à Espère. Durant la même période, le château fut également employé par les autorités de Vichy comme "centre de civisme" pour jeunes hommes, tandis que des événements de résistance s'y nouèrent, notamment la rencontre du 22 novembre 1942 marquant le ralliement des Compagnons de France au réseau Alliance, commémorée par une plaque sur le domaine. Les façades et toitures furent inscrites aux Monuments historiques le 15 septembre 1947. À la suite d'une succession complexe après le décès de Georges Héreil en 1979, le tribunal retint le projet de Georges Vigouroux, vigneron-négociant, qui a poursuivi l'exploitation hôtelière et gastronomique et relancé le vignoble ; la famille Vigouroux propose depuis lors l'hôtel Relais & Châteaux, le restaurant et la production de vins du domaine.

Liens externes