Origine et histoire du Château de Méréglise
Le château de Méréglise, situé dans le département d’Eure-et-Loir à 29 km au sud-ouest de Chartres, a été construit vers 1730 pour la famille de Ligneris, comme en témoigne une brique gravée de cette date. Il remplace un château antérieur dont il ne reste aucune trace. Son architecture inclut deux châtelets en brique, probablement édifiés entre 1804 et 1822, inspirés d’un modèle préexistant. Ces éléments défensifs, bien que postérieurs à la construction principale, renforcent le caractère historique du site, organisé autour d’une plate-forme maçonnée entourée de douves et d’un réseau hydraulique alimenté par la Thironne.
Le domaine, inscrit aux monuments historiques depuis 2001 pour ses façades, toitures et châtelets, a connu plusieurs transformations au XIXe siècle. Vendue en 1907 par les descendants de la famille de Ligneris, la propriété a été lotie, modifiant l’accès originel et séparant la basse-cour du corps de logis. Les plans napoléoniens de 1804 et 1822 révèlent une organisation symétrique, avec des jardins d’agrément, un moulin désaffecté vers 1850, et des terrasses aujourd’hui partiellement disparues. Les châtelets, bien que similaires visuellement, pourraient dater d’époques distinctes, comme le suggère leur absence sur le plan de 1804.
Le bourg de Méréglise est évoqué dans À la recherche du temps perdu de Marcel Proust sous le nom de Méséglise, bien que le château lui-même n’y soit jamais décrit. Ce lien littéraire, combiné à l’architecture préservée, confère au site une double dimension patrimoniale et culturelle. Les vestiges du système hydraulique, les douves et les châtelets témoignent d’une ingénierie ancienne, tandis que les modifications ultérieures (clôtures, allées) reflètent les adaptations successives du domaine aux usages résidentiels modernes.
Aujourd’hui, le château et ses dépendances, bien que divisés entre plusieurs propriétaires, conservent une structure proche de celle du XIXe siècle. La restauration envisagée pourrait éclairer les particularités des châtelets, dont les intérieurs ont été profondément remaniés. L’inscription aux monuments historiques protège les éléments les plus emblématiques, comme les façades en brique et les toitures d’ardoise, garantissant la pérennité de ce témoignage architectural des XVIIIe et XIXe siècles.