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Frise chronologique
1375–1389
Construction du premier château
Construction du premier château
1375–1389 (≈ 1382)
Pierre Ier d’Orgemont érige une forteresse.
1584
Reconstruction par Claude d’Orgemont
Reconstruction par Claude d’Orgemont
1584 (≈ 1584)
Château presque entièrement rebâti.
1697
Rénovation de la façade sud
Rénovation de la façade sud
1697 (≈ 1697)
Style classique sous François II de Saint-Chamans.
1735
Passage aux Molé-Lamoignon
Passage aux Molé-Lamoignon
1735 (≈ 1735)
Mariage de Bonne-Félicité Bernard et Mathieu-François Molé.
1937
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1937 (≈ 1937)
Protection officielle du château et du parc.
2004
Rachat par la municipalité
Rachat par la municipalité
2004 (≈ 2004)
Fin de la propriété privée (Vivendi).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château (cad. B 1705) : inscription par arrêté du 23 juillet 1937
Personnages clés
| Pierre Ier d’Orgemont - Chancelier de France |
Constructeur du premier château (1375–1389). |
| Claude d’Orgemont - Seigneur de Méry |
Rebâtit le château en 1584. |
| Antoine Ier de Saint-Chamans - Comte et mécène |
Embellit le château sous Henri IV. |
| François II de Saint-Chamans - Marquis de Méry |
Rénove la façade sud en 1697. |
| Bonne-Félicité Bernard - Épouse de Mathieu-François Molé |
Transforme les jardins avec Buffon. |
| Félicité Molé - Héritière et restauratrice |
Transmet le domaine aux Ségur-Lamoignon. |
Origine et histoire
Le château de Méry-sur-Oise trouve ses origines au XIVe siècle, lorsque Pierre Ier d’Orgemont, chancelier de France, y érige une forteresse entre 1375 et 1389. Une salle souterraine, subsistante, témoigne de cette période. Le roi Charles V y séjourne fréquemment, et Pierre d’Orgemont y poursuit la rédaction des Grandes Chroniques de France. La seigneurie passe ensuite entre les mains de ses descendants, dont Nicolas d’Orgemont, impliqué dans un complot bourguignon en 1417, avant d’être confisquée puis restituée.
Au XVIe siècle, Claude d’Orgemont, ruiné par les guerres de religion, reconstruit presque entièrement le château vers 1584. Malgré des difficultés financières, il maintient un train de vie fastueux. En 1597, le domaine est vendu à Antoine Ier de Saint-Chamans, proche d’Henri IV, qui l’embellit avec des œuvres d’art et des décorations luxueuses. Son petit-neveu, François II de Saint-Chamans, entreprend des restaurations majeures en 1697, ajoutant une façade méridionale de style classique.
Au XVIIIe siècle, le château passe aux familles Molé et Lamoignon par alliance. Bonne-Félicité Bernard, épouse de Mathieu-François Molé, y commande des aménagements paysagers avec l’aide de Buffon. Sous la Révolution, le domaine échappe à la saisie et est transmis à Félicité Molé, qui épouse Pierre-Christian de Lamoignon. Ce dernier transforme les jardins à la française en un parc à l’anglaise. En 1823, Marie-Louise de Lamoignon épouse Adolphe de Ségur, donnant naissance à la lignée des Ségur-Lamoignon, propriétaires jusqu’en 1976.
Le château, inscrit aux monuments historiques en 1937, est racheté par la municipalité en 2004 après avoir appartenu à Vivendi. Aujourd’hui, il abrite un hôtel et un centre de séminaires, tandis que son parc, partiellement classé, reste accessible au public. Son histoire reflète les bouleversements politiques et sociaux de l’Île-de-France, des guerres de Religion à la Révolution industrielle.
Le site a également servi de décor cinématographique, notamment pour Quand passent les faisans (1965) et Chocolat (2016), avec Omar Sy. Les vestiges des aménagements paysagers du XIXe siècle, comme le jardin botanique expérimental conçu par Pascal Cribier, subsistent malgré un entretien irrégulier.