Origine et histoire du Château de Messac
Le château de Messac, situé à Laroquebrou dans le Cantal, est une gentilhommière construite à la fin du XVe siècle par Amaury et Guy de Sermur, seigneurs de Glénat et Montvert. L’édifice, composé de deux ailes articulées en équerre autour d’un escalier en tourelle, représente un exemple typique de l’architecture civile cantalienne de la fin du Moyen Âge. Il comportait initialement trois niveaux, dont un grenier, mais perdit son troisième étage au XVIIIe siècle. Deux grandes cheminées de pierre par étage, encore visibles, témoignent de son prestige passé.
La seigneurie de Messac fut d’abord détenue par la famille éponyme dès le XIIIe siècle, comme en attestent les actes impliquant Raymond de Messac (1262, 1283) ou Guérin de Messac (1317). Au XVe siècle, un procès opposa Guy de Sermur aux héritiers de Rigal de Messac, aboutissant en 1478 à un compromis en faveur des Sermur. Amaury de Sermur obtint en 1480 l’autorisation de terminer la construction du château sur trois niveaux, conformément à un arbitrage seigneurial. La famille de Sermur, déjà coseigneur de Glénat et Saint-Victor, marqua durablement le domaine.
Au XVIe siècle, le château passa aux Palach par héritage, puis aux Beauclair via le mariage d’Anne de Palach avec Petre-Jean de Beauclair en 1598. Les Beauclair, famille protestante convertie au catholicisme (abjuration de Jacquette de Cat en 1626), conservèrent Messac jusqu’au XVIIIe siècle. Jean-Baptiste de Beauclair (1690–?) modernisa partiellement l’édifice, tandis que son fils Marc-Antoine, dernier seigneur, mourut sans descendance en 1787. Le château, inscrit aux Monuments Historiques en 1972, conserve aujourd’hui ses façades, toitures et six cheminées intérieures.
L’histoire de Messac reflète les alliances et conflits des familles nobles du Cantal, depuis les Messac médiévaux jusqu’aux Beauclair des Lumières. Son architecture, mêlant fonctions résidentielle et défensive, illustre l’évolution des gentilhommières auvergnates entre Moyen Âge et époque moderne. Le jardin potager, mentionné comme remarquable, complète cet ensemble patrimonial.
Les sources archivistiques (Ribier, Bouillet, Archives Départementales du Cantal) et les études récentes, comme celle de Monique de La Rocque de Séverac (2015), documentent finement les vicissitudes du domaine. Le château reste un témoin majeur de l’histoire seigneuriale locale, lié à des figures comme Durand Palach (1596) ou François de Beauclair (1688), dont les testaments éclairent la transmission du patrimoine.