Origine et histoire
Le château de Messac, implanté sur la commune de Reilhac (Cantal), surplombe l’ancienne route royale reliant Aurillac à Mauriac et contrôlait un gué sur la Baÿsse, affluent de l’Authre. Son toponyme Metiacum, d’origine gallo-romaine, évoque un domaine rural du cadastre de Dioclétien. Le corps de logis actuel, adossé à une tour ronde médiévale à voûtes d’arêtes, fut agrandi au XVIe siècle par une aile en appentis aux baies en accolade et voûtes en anse de panier. Les ajouts ultérieurs (aile Est et tour carrée Sud) datent de la fin du XIXe siècle, commandités par le général Léon Prax.
Messac fut un fief dépendant des abbés d’Aurillac, puis des seigneurs de Conrot, avant d’être possédé par des familles chevaleresques attestées dès le XIIIe siècle, comme les Messac, les La Garde de Saignes, ou les Caissac de Sedaiges. Le site abritait une justice locale jusqu’au XVIIe siècle et une ferme avec montagne à Girgols. Vendu comme bien national à la Révolution, il passa entre les mains des familles Prax (dont plusieurs généraux), Canal, puis Maitrier. Son chartrier, contenant des actes du XIIIe au XVIIIe siècle, est conservé aux Archives départementales du Cantal.
Au Moyen Âge, les chevaliers de Messac, comme Astorg (mentionné en 1258) ou Guy (XIVe siècle), servaient les vicomtes de Carlat. La seigneurie changea de mains par alliances : les La Garde de Saignes (XVe–XVIe siècles) cédèrent Messac aux Caissac, dont François (1545–1618), gentilhomme du roi et membre de l’ordre de Saint-Michel. Au XVIIe siècle, Alexandre de Caissac, seigneur des lieux, y fut enterré en 1658. Les armes des Messac, « un chevron rompu avec des étoiles », figurent sur leur tombeau à l’église de Reilhac.
À l’époque moderne, Messac devint la propriété des Léotoing d’Anjony avant d’être confisqué en 1791. L’avocat Jean Prax l’acquit en 1802 ; son descendant, le général Jean-Louis Prax (1786–1877), maire de Reilhac, y réalisa des transformations. Au XXe siècle, l’industriel Pierre Canal fit restaurer le château par l’architecte Georges Breuil (plans archivés en 2001). La famille Maitrier, dont le colonel Louis (1898–1984), en fut la dernière propriétaire notable. Le parc et les éléments architecturaux (tour médiévale, ailes Renaissance) témoignent de son évolution.
Le site conserve des traces de son rôle militaire : en 1387, Guiot de Messac figura parmi les hommes d’armes convoqués pour le vicomte de Carlat. En 1533, le seigneur de Messac, homme d’Église, se fit représenter aux bans. Le chartrier, incluant des hommages féodaux, et les archives de la famille Prax (trois générations de militaires) complètent son histoire. Aujourd’hui, le château illustre l’héritage seigneurial et architectural de la Haute-Auvergne, entre Moyen Âge et époque contemporaine.