Patrimoine classé
Le sol des parcelles H 1017, 1021 à 1024, 1027 (pour sa partie délimitée comme suit : à l'est, par la place du Martroy, la collégiale Saint-Liphard et la parcelle 1022 ; au sud, par la parcelle 1017 ; à l'ouest, par le château ; au nord-ouest, par une ligne fictive entre la tour nord du château et l'angle sud-est de la parcelle 1026 ; au nord, par la parcelle 1025) , à l'exception des parties classées : inscription par arrêté du 7 mars 1988 - Les ruines de l'ancien château (tour Manassis de Garlande) (cad. H 1027) : classement par arrêté du 8 septembre 1988 - Le château, ses dépendances et les sols attenants, à savoir : le château en totalité, y compris la chapelle (cad. AE 5) ; les parties souterraines arttenantes (cad. AE 6) ; le pavillon de musique, en totalité (cad. AE 3) ; le pavillon du billard, en totalité (cad. AM 97) ; la glacière, en totalité (cad. AE 45) ; le sol allant du château à la place du Martroy et la collégiale Saint-Liphard (cad. AE 5, 6, 45 ; AM 97, 105, cf plan annexé à l'arrêté) : classement par arrêté du 26 janvier 2004
Personnages clés
| Léon de Meung - Seigneur rebelle |
Assiégé en 1103 par Louis VI pour usurpation du château. |
| Manassès de Garlande - Évêque d’Orléans (XIIe siècle) |
Constructeur de la tour épiscopale vers 1162. |
| Jeanne d’Arc - Libératrice (1429) |
Reprit le château aux Anglais pendant la guerre de Cent Ans. |
| François Villon - Poète prisonnier (1461) |
Incarceré dans la prison du château sur ordre épiscopal. |
| Louis-Gaston Fleuriau d’Armenonville - Évêque modernisateur (XVIIIe siècle) |
Transforma le château en résidence classique avec parc. |
| Louis-Sextius Jarente de La Bruyère - Évêque mécène |
Ajouta la chapelle néo-classique (1784) et décora le château. |
Origine et histoire du Château de Meung-sur-Loire
Le château de Meung-sur-Loire est une ancienne résidence fortifiée édifiée à partir du XIIe siècle, initialement comme tour carrée accolée à la collégiale Saint-Liphard. Il servit de résidence aux évêques d’Orléans avant d’être transformé en prison au XIIIe siècle, où François Villon fut emprisonné en 1461. Le site fut aussi une forteresse anglaise pendant la guerre de Cent Ans, reprise par Jeanne d’Arc et le duc d’Alençon en 1429 lors de la bataille de Meung-sur-Loire.
Au XVe–XVIe siècles, un corps de bâtiment nord avec une tour à pont-levis fut ajouté, mais le château tomba en ruine après les guerres de Religion. Au XVIIIe siècle, les évêques Fleuriau d’Armenonville et Jarente de La Bruyère le transformèrent en résidence d’agrément : façade classique, chapelle néo-classique (1784) avec statues de Delaistre, et parc à l’anglaise doté d’une rivière artificielle, d’un pavillon de musique, et d’une orangerie.
Vendue comme bien national pendant la Révolution, la propriété passa entre des mains privées (famille Le Couteulx du Molay) jusqu’en 1859. Le parc fut classé en 1942, suivi des ruines de l’ancien château (tour Manassès) en 1988, puis de l’ensemble du domaine en 2004. Aujourd’hui, le château, intégré au patrimoine mondial de l’UNESCO via le Val de Loire, allie vestiges médiévaux et élégance classique.
Son histoire débute avec un conflit en 1103 entre l’évêque d’Orléans et Léon de Meung, résolu par l’intervention du roi Philippe Ier et de son fils, le futur Louis VI. La tour Manassès de Garlande, construite vers 1162, symbolise la reprise en main épiscopale. Au XIIIe siècle, un nouveau palais fut érigé à 50 mètres de l’ancien, devenu prison. Les vestiges de cette époque incluent la salle des gardes et des souterrains voûtés.
L’architecture reflète ces strates : tours médiévales remaniées en style classique, façades symétriques du XVIIIe siècle, et dépendances (glacière, pavillon de billard). Le château illustre ainsi l’évolution des fonctions seigneuriales, de la forteresse à la résidence de plaisance, tout en conservant des traces de son passé carcéral et militaire.
Situé à 500 m de la Loire, en centre-ville, le domaine est accessible depuis la gare SNCF et desservi par les lignes d’autocars Ulys. Son classement parmi les monuments historiques et son intégration au Val de Loire UNESCO soulignent son importance patrimoniale, entre histoire nationale (Jeanne d’Arc, Villon) et héritage architectural régional.