Origine et histoire du Château de Meux
Le château de Meux se situe sur la commune de Meux, en Charente-Maritime, jouxtant l'église romane. Petit édifice de la fin du XVe siècle, il présente un plan quadrangulaire flanqué et, côté cour, une tour hexagonale. L'accès se fait par un porche en anse de panier percé dans les communs ; le château s'ouvre en face de ce porche, au fond de la cour fermée par ces dépendances. Le côté sud comportait deux tours d'angle en grande partie démolies ; il n'en subsistent que des mâchicoulis et des pans de murs. À l'intérieur, l'édifice conserve quelques cheminées de la fin du XVe siècle et des linteaux de porte sculptés.
L'entrée, qui donne sur le jardin, est bordée sur trois côtés par des dépendances basses à toits de tuiles. Le logis, construit au XVe siècle lors de la reconstruction après le départ des Anglais, est de style flamboyant et comprend une tour polygonale à toit à pans coupés percée d'une fenêtre ornée de broderies de pierre. Deux tours ont disparu, mais elles sont connues par des gravures.
La terre et seigneurie de Meux relevait sous l'Ancien Régime du château et comté de Jonzac et bénéficiait du droit de haute, moyenne et basse justice. Les premiers seigneurs connus remontent au XIIIe siècle : on trouve mention en 1250 de Geoffroy de Meux, puis de son fils Thomas, dont la fille Marchande de Meux épousa Simon de Montlieu. La lignée aboutit à Jeanne du Fresnay, épouse d'Aymard de La Laigne, puis, par Blanche de La Laigne, à Louis Chesnel, qui reçoit la terre en dot. La construction du château que l'on connaît est parfois attribuée à tort à Louis Chesnel. La famille Chesnel s'implante durablement en Saintonge grâce au mariage du fils de Louis, Jacques, avec Béatrice de Sainte-Maure, et formera plusieurs branches propriétaires notamment des châteaux de Château Chesnel et d'Écoyeux.
Au cours des règnes de Louis XIII et de Louis XIV, la famille Chesnel se détourne de ses terres saintongeaises au profit de possessions en Beauvaisis et dans les environs de Compiègne acquises par alliances. Après neuf générations, Charles-Maurice Colbert, marquis de Villacerf, vend le château de Meux en 1712 à Pierre Dudon, avocat du roi au parlement de Bordeaux, au nom d'Angélique-Élisabeth Chesnel. Pierre Dudon investit la dot de sa femme Brigitte de Laage, qui meurt en août 1713, et cède la terre en 1714 à son beau-père Jacques de Laage, maître d'hôtel du duc de Berry et futur baron de Bellefaye ; son portrait par Largillière figure dans les collections du musée du Louvre. Jacques de Laage vend le château en 1719 à Antoine Bonnet, comte de Nègrepelisse, qui le rétrocède en 1721 à Hélie de Laage, frère de Jacques et receveur des tailles de l'élection de Saintes. La terre reste ensuite entre les mains de la famille de Laage, qui ajoute Meux à son nom, jusqu'en 1853 ; contrairement à certaines affirmations, c'est Jérôme de Laage (1777-1856), et non Hippolyte de Laage, qui se sépare alors du château. À partir de cette date et jusqu'au début des années 1970, lorsque Monique Guilbaud acquiert le domaine et le sauve de la ruine, le château sert de siège à une exploitation agricole.
Les façades et toitures du château et des communs, l'escalier à vis dans la tour hexagonale et les cheminées intérieures du XVe siècle font l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du 25 avril 1975. Le jardin a été reconstitué à la française à partir de 1972 : huit ifs taillés en cône marquent l'intersection des allées et les quatre carrés de pelouse, complétés par une roseraie, des fusains et des lignes rouges de petits rosiers. Une haie taillée sépare ce jardin du parc planté d'essences choisies pour leurs couleurs ; un potager et un verger traditionnels complètent l'ensemble. Le château se visite du 1er juin au 30 septembre, de 14h30 à 18h30, sauf le mardi.