Patrimoine classé
Le château de Metz-le-Maréchal et les ruines de l'église du Mez, en totalité, dans les limites indiquées sur le plan annexé à l'arrêté. Ils figurent au cadastre, section ZM sur les parcelles 65, 66, 67,68, 93 : inscription par arrêté du 5 août 2023 ; Le château de Mez-le-Maréchal, en totalité, y compris la tour quadrangulaire, les bâtiments compris dans l'enceinte, les douves et leur talus de contrescarpe, situé 1400 route de Bransles, lieu-dit Le Mez, ainsi que le sol des parcelles 65, 66, 67 et 68, figurant à la section ZM du cadastre, tel que coloré et délimité en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 30 septembre 2024
Personnages clés
| Jean Mesqui - Historien de l'architecture |
A étudié le château (1988). |
| Denis Hayot - Castellologue |
Auteur d'une étude en 2023. |
| Michel Piechaczyk - Archéologue médiéval |
Publication en 2021 sur le site. |
| Eugène Thoison - Historien local |
A évoqué les séjours royaux (1888). |
Origine et histoire du Château de Mez-le-Maréchal
Le château de Mez-le-Maréchal, situé à Dordives dans le nord-est du Loiret (région Centre-Val de Loire), est un édifice militaire construit entre la seconde moitié du XIIe siècle et la première moitié du XIIIe siècle. Il se distingue par une enceinte carrée de 64 mètres de côté, flanquée de quatre tours rondes aux angles et d’une porte d’entrée protégée par deux tours. Au centre de la cour, une tour maîtresse rectangulaire de 16 mètres de haut, datée de la fin du XIIe siècle, domine l’ensemble. Ce château, classé Monument historique en 2024, illustre l’adaptation des fortifications médiévales à un environnement hydrologique marqué par les vallées du Betz et des Ardouses, dont les crues ont influencé son implantation surélevée.
L’architecture du château révèle une double phase de construction : la tour-logis rectangulaire, antérieure à l’enceinte, présente des tourelles semi-circulaires et un escalier à vis, tandis que les courtines, hautes de 7,50 mètres, abritaient des logis médiévaux aujourd’hui partiellement en ruines. Les six tours de l’enceinte, dotées d’archères stratégiquement disposées, communiquent via un chemin de ronde pouvant être isolé en cas d’attaque. Les matériaux locaux – calcaire de Château-Landon et craie campanienne – ont permis une construction sans recourir à des carrières lointaines, reflétant les ressources géologiques du Bassin parisien.
Le site, inscrit dès 1940 puis réinscrit en 2023, fait l’objet de recherches archéologiques depuis 2018 menées par l’association Les Amis du Mez. Son histoire est documentée dans des ouvrages comme ceux de Jean Mesqui (1988) ou Denis Hayot (2023), qui soulignent son rôle dans l’étude de l’architecture fortifiée capétienne. Proche de la route romaine de Sens à Orléans, le château s’inscrit dans un paysage marqué par les échanges fluviaux et terrestres, entre Gâtinais et Bassin parisien.
L’environnement hydrologique a joué un rôle clé dans la conception défensive du château. Les douves, alimentées en permanence par le ruisseau des Ardouses, et un talus de contrescarpe de 20 mètres de large protègent l’édifice des crues du Betz, affluent du Loing. Cette position stratégique, à 100 km au sud de Paris, en fait un exemple remarquable d’intégration paysagère dans les vallées du Gâtinais, où les matériaux géologiques (poudingues, marnes colorées) ont aussi servi à sa construction.
Les fouilles archéologiques en cours depuis 2018 visent à préciser l’évolution du site, notamment les bâtiments d’habitation accolés aux courtines est et sud, aujourd’hui réduits à des substructions. Le classement de 2024 inclut l’intégralité du château (tour quadrangulaire, enceintes, douves) ainsi que le sol des parcelles cadastrales, soulignant sa valeur patrimoniale. Les sources écrites, comme les Annales de la Société historique du Gâtinais (1891), évoquent son lien avec la noblesse locale, bien que les archives manquent sur ses premiers propriétaires.
Le château de Mez-le-Maréchal incarne ainsi un jalon de l’histoire militaire et sociale du Gâtinais, entre influence capétienne et dynamiques régionales. Son état de conservation, malgré les ruines, offre un témoignage rare des techniques de fortification du XIIe–XIIIe siècle, complété par des études récentes comme celle de Michel Piechaczyk (2021) sur son architecture. Le site, ouvert à la recherche, reste un sujet d’étude pour comprendre les mutations de la noblesse médiévale dans cette zone frontalière entre Île-de-France et Orléanais.