Frise chronologique
XIIe siècle
Construction du château
Construction du château
XIIe siècle (≈ 1250)
Forteresse bâtie pour surveiller les Pyrénées.
XIIIe siècle
Apogée stratégique
Apogée stratégique
XIIIe siècle (≈ 1350)
Contrôle des cols par Roger de Balaguer.
XIVe siècle
Abandon du site
Abandon du site
XIVe siècle (≈ 1450)
Déserté en raison de son accès difficile.
1667
Témoignage de Louis de Froidour
Témoignage de Louis de Froidour
1667 (≈ 1667)
Signalisation par feux et fumée décrite.
11 décembre 1995
Classement monument historique
Classement monument historique
11 décembre 1995 (≈ 1995)
Ruines protégées par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Voir commune de : Seix
Personnages clés
| Roger de Comminges - Seigneur du Haut-Salat |
Propriétaire initial du château au XIIe. |
| Roger de Balaguer - Seigneur de la Taule et Seix |
Contrôlait Mirabat au XIIIe siècle. |
| Odon de Taurignan - Seigneur affilié aux barons d’Aspet |
Allié des Comminges, cogestionnaire du site. |
| Louis de Froidour - Grand-maître des eaux et forêts |
Décrit son usage en 1667. |
Origine et histoire
Le château de Mirabat est un château fort en ruines perché à 1242 m d’altitude sur un piton rocheux du Haut-Salat, à la frontière des communes d’Ustou, Seix et Oust (Ariège). Son nom évoque sa position en « nid d’aigle », idéale pour surveiller les vallées pyrénéennes. Construite au XIIe siècle, cette forteresse médiévale avait pour mission de contrôler les invasions venues des crêtes pyrénéennes, en coordination avec le château de la Garde situé en contrebas. Elle dépendait alors de la seigneurie des Roger de Comminges, qui dominaient le Haut-Salat.
Au XIIe et XIIIe siècles, le château abritait une petite garnison et son donjon surplombait la région. Son accès difficile, principalement depuis Seix, suggère un rattachement à la Taule, une partie de la seigneurie située sur la rive droite. Le hameau voisin de la Taula (du mot occitan pour « table » ou « registre ») tire probablement son nom d’un ancien péage sur les chemins transfrontaliers, soulignant le rôle économique et stratégique du site. Les cols de Salau, Aula et Marterat, surveillés depuis Mirabat, étaient des points de passage clés entre la France et l’Espagne.
Au XIIIe siècle, les seigneurs de la Taule et de Seix, Roger de Balaguer et Odon de Taurignan, étaient affiliés aux barons d’Aspet et aux seigneurs de Montégut, alliés historiques du comte de Comminges. Leur indépendance vis-à-vis du vicomte de Couserans reflétait l’importance géopolitique de la zone. En 1667, Louis de Froidour, grand-maître des eaux et forêts sous Louis XIV, rapporta que Mirabat servait encore de poste de signalisation, allumant des feux la nuit ou de la fumée le jour pour alerter les vallées. Abandonné dès le XIVe siècle en raison de son isolement, le site fut classé monument historique en 1995.
Aujourd’hui, les ruines se limitent à des vestiges de l’enceinte, construite avec des pierres extraites sur place. Le château n’est accessible qu’à pied, après une randonnée offrant des panoramas exceptionnels sur les Pyrénées. Son histoire illustre les enjeux militaires et commerciaux des vallées frontalières au Moyen Âge, entre surveillance, péages et alliances seigneuriales.