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Château de Miremont à Chalvignac dans le Cantal

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château fort

Château de Miremont à Chalvignac

  • Bellauride
  • 15200 Chalvignac
Crédit photo : Heurtelions - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
15200 Chalvignac, Bellauride

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1105
Siège par l'évêque de Clermont
1357
Prise par les Anglais
1374
Reprise par l'évêque de Clermont
1574
Siège pendant les guerres de Religion
1777
Démolition partielle
26 mars 1973
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château de Miremont (ruines) (cad. A 468) : inscription par arrêté du 26 mars 1973

Personnages clés

Pierre Leroux - Évêque de Clermont Assiège Miremont en 1105.
Robert Knoll - Capitaine anglais Prend le château en 1357.
Pierre d'Aigrefeuille - Évêque de Clermont Reprend Miremont en 1374.
Gilles de Montal - Lieutenant-général du roi Commande le siège de 1574.
Guy de Saint-Exupéry - Seigneur de Miremont Bailli des Montagnes d'Auvergne (1562).
Henri de Bourbon-Malause - Coseigneur de Miremont Chef protestant en Auvergne.

Origine et histoire du Château de Miremont

Le château de Miremont, aussi appelé Miramont, est un château fort en ruine situé à Chalvignac, dans le Cantal (Auvergne-Rhône-Alpes). Construit au XIVe siècle, il surplombe à 640 mètres d'altitude le confluent du Labiou et de la Dordogne, sur un plateau basaltique. Son architecture défensive comprenait un rempart, un fossé, un pont-levis, et des tours carrées et rondes, dont certaines voûtées. Il était divisé en plusieurs enceintes, avec des jardins et des cours entre le logis seigneurial et les murs d’enceinte.

Le château a connu une histoire mouvementée, marquée par plusieurs sièges. En 1105, il fut assiégé par Pierre Leroux, évêque de Clermont, en raison d’un conflit lié aux droits de patronage sur des églises de l’abbaye de Mauriac. Le seigneur Pierre Adhémar avait emprisonné l’abbé Arnaud, déclenchant l’intervention épiscopale. Au XIVe siècle, pendant la guerre de Cent Ans, le château fut pris par surprise en 1357 par le capitaine anglais Robert Knoll, puis repris en 1374 après un siège mené par l’évêque Pierre d'Aigrefeuille, suzerain de Miremont.

Lors des guerres de Religion, en 1574, le château fut assiégé par les troupes catholiques commandées par Gilles de Montal après la prise de Mauriac par les protestants. Malgré 900 coups de canon tirés sur le donjon et une brèche ouverte, la garnison résista, forçant la levée du siège. Les protestants continuèrent à piller la région pendant des mois. Miremont changea plusieurs fois de mains entre familles nobles, comme les Mauriac, les Saint-Exupéry, et les Bourbon-Malause, avant d’être démantelé en 1777 par le marquis de Simiane, dernier propriétaire.

La seigneurie de Miremont relevait en fief des seigneurs de Charlus et en arrière-fief des évêques de Clermont. Au fil des siècles, elle fut partagée entre plusieurs coseigneurs, comme en témoignent les accords de jouissance entre Claude de Lévis-Charlus et Henri de Bourbon en 1585. Les ruines, inscrites aux monuments historiques depuis 1973, rappellent son rôle stratégique dans les conflits médiévaux et religieux. Aujourd’hui, le site est accessible en visite libre.

Architecturalement, le château combinait des éléments défensifs (remparts, tours de flanquement, fossés) et résidentiels (logis, écuries voûtées, jardins). Les vestiges actuels incluent des courtines, des bases de tours semi-circulaires, et des salles voûtées au rez-de-chaussée. Son déclin débuta au XVIIIe siècle, lorsque ses propriétaires, ne pouvant plus assumer son entretien, décidèrent de le démolir partiellement.

Les familles nobles liées à Miremont, comme les Saint-Exupéry ou les Bourbon-Malause, illustrent les alliances et les conflits qui ont marqué l’histoire de l’Auvergne. Le château fut tour à tour forteresse militaire, résidence seigneuriale, et symbole des luttes entre catholiques et protestants. Son abandon progressif reflète les transformations sociales et économiques de la région après le Moyen Âge.

Liens externes

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