Origine et histoire du Château de Missery
Le château de Missery, situé dans le département de la Côte-d'Or, est un monument dont les origines remontent au XIVe siècle, avec des transformations majeures aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il se caractérise par une structure carrée flanquée de quatre tours aux angles, entourée de douves en eau. Le corps principal du château relie deux tours selon un plan rectangulaire, formant une cour d'honneur entre la façade et les deux autres tours. Ces dernières abritent une chapelle au sud et un pigeonnier à l'est, tandis qu'une grande allée traverse les douves par un pont pour rejoindre le village.
En 1752, M. Suremain de Flamerans, alors conseiller au Parlement, acquiert le château presque en ruines mais orné de belles peintures. Il démolit une partie de l'ancien édifice, conservant uniquement les quatre tours, et construit un nouveau château au bas de la montagne, offrant une vue sur un vallon pittoresque. Le domaine comprend alors de vastes cours, des terrasses, des promenades agréables, et des fossés bien aménagés. Le fief d'Esseingey, donné au prieuré de Bar en l'an 1000, est également mentionné comme un ancien hospice pour les chanoines réguliers.
Missery est historiquement liée à l'abbaye de Saint-Andoche de Saulieu, cédée en 721 par Waré, puis probablement passée à l'église d'Autun et aux comtes de Nevers. Au XIVe siècle, Bertrand de Chazans en est seigneur par sa femme Charlotte de Charny. Le château change plusieurs fois de mains, notamment via des alliances matrimoniales, comme celle de Jacquette d'Amboise avec Louis de la Trimouille, ou de Jean de Malain en 1491, dont la famille conserve le fief jusqu'au XVIIe siècle. En 1659, Odette-Catherine de Malain apporte la terre à N. Bernard-Maillard de Marcilly, qui en reprend le fief en 1737.
Le village de Missery, décrit comme une paroisse bien réglée, compte environ 400 communiants au XVIIIe siècle. L'église Saint-Michel, propre et ornée, est sous le vocable de saint Michel, et une chapelle du Dieu de Pitié est érigée en 1768 par Étienne Morize, le dernier curé. Le territoire, marqué par des activités agricoles (froment, vignes) et des chemins difficiles, est également connu pour son calme et l'absence de conflits notables.
Le château, classé Monument Historique en 1981, conserve des éléments remarquables comme le portail d'entrée, les façades et toitures, deux escaliers avec leurs rampes en fer forgé, ainsi que des pièces aux boiseries peintes. Les douves, le pont et les murs de soutènement, incluant la balustrade de la terrasse, font également partie des éléments protégés, témoignant de l'importance architecturale et historique du site.