Origine et histoire
Le château de Moissac-Bellevue, perché à 600 mètres d’altitude sur la commune de Moissac-Bellevue (Var), domine les paysages de l’Estérel, de la Sainte-Baume et des Maures. Son emplacement stratégique, occupé dès l’époque pré-romaine, en fit une place forte au XIe siècle sous les Castellane, premiers seigneurs du lieu. Les vestiges d’un oppidum celto-ligure (camp d’Olivier) et des traces romaines, comme des meules à main, témoignent d’une occupation ancienne.
Au XIIe siècle, Blacas de Blacas d’Aups devient seigneur de Moissac par son mariage avec Laure de Castellane. Une commanderie templière, dépendante de Saint-Maurice, s’y installe. La seigneurie passe ensuite entre les mains de familles influentes : les Lenche de Marseille, les Grimaldi-Régusse, les d’Hesmivi (dont Jean Louis Hyacinthe, conseiller au Parlement de Provence), puis les Coriolis jusqu’à la Révolution. Le château, lieu de villégiature pour l’aristocratie provençale aux XVIe–XVIIe siècles, abrite aussi un pigeonnier seigneurial remarquable.
Laissé à l’abandon après la Révolution, le château est racheté en 1992 par des propriétaires privés qui entreprennent une restauration exemplaire, primée en 2008 par le Label VMF–Patrimoine. Les travaux, menés sur une décennie, préservent l’authenticité architecturale (toits en tuiles creuses, salons ouvrant sur des jardins en terrasses) tout en intégrant discrètement des aménagements modernes. Le site, aujourd’hui protégé par un PLU ambitieux, accueille des événements culturels, des shootings photo et des réceptions, tout en sauvegardant son écrin paysager et agricole.
Le pigeonnier seigneurial, restauré lui aussi, illustre l’attention portée aux dépendances historiques. Classé comme élément patrimonial dans le PLU local, il conserve ses caractéristiques d’origine : toiture à un pan, plages d’envol en pierre calcaire et ancrages extérieurs du plancher. Le château et son domaine s’inscrivent dans une démarche de développement durable, combinant préservation du bâti, valorisation des espaces agricoles et protection des paysages ruraux.
L’histoire du château est également liée à des figures locales, comme Jean Louis Hyacinthe d’Hesmivy, auteur d’une Histoire du Parlement dont le manuscrit est conservé à la bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence. Le site, aujourd’hui privé, perpétue son rôle de lieu d’exception, entre mémoire historique et dynamisme contemporain.