Frise chronologique
2e moitié du XVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
2e moitié du XVe siècle (≈ 1550)
Édification par Charles d'Aydie vers 1550.
1607
Achat par Louis de Bouchard
Achat par Louis de Bouchard
1607 (≈ 1607)
Passage à une famille protestante.
1608
Érection en vicomté
Érection en vicomté
1608 (≈ 1608)
Par Henri IV pour Louis de Bouchard.
20 février 1941
Classement monument historique
Classement monument historique
20 février 1941 (≈ 1941)
Protection officielle du château.
1960
Rachat par la Cave coopérative
Rachat par la Cave coopérative
1960 (≈ 1960)
Transformation en musée viticole.
2022
Fréquentation touristique
Fréquentation touristique
2022 (≈ 2022)
50 000 visiteurs annuels.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château : classement par arrêté du 20 février 1941
Personnages clés
| Charles d'Aydie - Constructeur initial |
Bâtit le château vers 1550. |
| Louis de Bouchard d'Aubeterre - Propriétaire protestant |
Acheteur en 1607, vicomte en 1608. |
| Pierre de Barraud - Seigneur protestant |
Propriétaire en 1666, vicomte de Monbazillac. |
| Elzéar de Luxe - Vicomte catholique |
Époux de Marie Barraud après 1685. |
| François Hilaire de Bacalan - Maire et propriétaire |
Acheteur en 1777, maire en 1790. |
| Jean Secret - Historien et conservateur |
Contribue à la création du musée. |
Origine et histoire
Le château de Monbazillac, situé dans le département de la Dordogne en Nouvelle-Aquitaine, est un exemple emblématique de gentilhommière gasconne de la fin du XVe siècle. Construit selon un plan rectangulaire cantonné de quatre tours circulaires, il intègre des éléments défensifs comme des mâchicoulis, des meurtrières et un chemin de ronde. Son accès, protégé par des douves, se fait via un pont fixe à deux arches, tandis que ses façades, percées de fenêtres à meneaux, conservent leur aspect d’origine. La porte d’entrée, légèrement postérieure au reste de l’édifice, arbore un style Renaissance avec des pilastres et une décoration de rinceaux.
Vers 1550, Charles d'Aydie érige le château en un seul jet, marquant son empreinte architecturale. Au début du XVIIe siècle, le domaine passe entre les mains de familles protestantes : Louis de Bouchard d'Aubeterre l’acquiert en 1607, avant qu’Henri IV n’élève la seigneurie en vicomté en 1608. En 1666, Pierre de Barraud, seigneur protestant, en devient propriétaire pour 75 000 livres. La révocation de l’édit de Nantes en 1685 force sa veuve, Marie, à abjurer le protestantisme pour épouser un catholique, Elzéar de Luxe, qui hérite du titre de vicomte. Le château reste dans cette famille jusqu’au XVIIIe siècle, traversant sans dommage la Révolution française sous la propriété de François Hilaire de Bacalan, maire de Monbazillac en 1790.
Au XXe siècle, le château change de vocation : racheté en 1960 par la Cave coopérative de Monbazillac, il devient un musée dédié à l’histoire viticole locale, grâce à l’implication de l’historien Jean Secret. Classé monument historique en 1941, il attire aujourd’hui 50 000 visiteurs annuels (2022), témoignant de son importance patrimoniale et touristique. Son vignoble environnant, couvrant 25 hectares, perpétue la renommée des vins de Monbazillac, indissociables de ce lieu chargé d’histoire.
Les intérieurs du château conservent des traces de son passé : boiseries des XVIIe et XVIIIe siècles, menuiseries du XVIe siècle, et une charpente en châtaignier d’origine (XVe siècle). Une grande salle du rez-de-chaussée présente des vestiges de peintures sur plafond. Les défenses, comme les meurtrières à arquebuse dans les tours, rappellent sa fonction initiale, tandis que le chemin de ronde, protégé par un auvent, illustre l’ingéniosité militaire de l’époque. Le puits intérieur et l’escalier central soulignent son caractère à la fois résidentiel et stratégique.
Le château incarne les transitions architecturales et religieuses de la région, passant des mains de seigneurs protestants à des familles catholiques après 1685. Son histoire reflète aussi les bouleversements politiques, comme la Révolution française, qu’il a traversés sans dégradations majeures. Aujourd’hui, il allie préservation patrimoniale et valorisation œnotouristique, ancrant Monbazillac dans le paysage culturel de la Nouvelle-Aquitaine.
La localisation du château, sur un plateau dominant la Dordogne face à Bergerac, en fait un point de vue stratégique et un symbole du terroir viticole. Son classement parmi les monuments historiques et son ouverture au public en font un lieu de mémoire vivante, où architecture médiévale, Renaissance et histoire moderne se croisent.