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Frise chronologique
vers 1242
Début de la construction
Début de la construction
vers 1242 (≈ 1242)
Gaston VII lance l’édification du château.
1256
Première mention écrite
Première mention écrite
1256 (≈ 1256)
Texte évoquant un « château noble ».
1273
Mise en gage du château
Mise en gage du château
1273 (≈ 1273)
Gaston VII engage Orthez et son château.
1289
Séjour royal
Séjour royal
1289 (≈ 1289)
Le roi d’Angleterre Henri III y réside.
1368–1375
Travaux de Gaston Fébus
Travaux de Gaston Fébus
1368–1375 (≈ 1372)
Ajout de deux étages au donjon.
1464
Abandon politique
Abandon politique
1464 (≈ 1464)
Transfert de la capitale à Pau.
1569
Bataille d’Orthez
Bataille d’Orthez
1569 (≈ 1569)
Dégâts lors des guerres de Religion.
1840
Classement du donjon
Classement du donjon
1840 (≈ 1840)
Première protection monument historique.
1992–1995
Extensions de protection
Extensions de protection
1992–1995 (≈ 1994)
Classement des enceintes et du sol archéologique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Donjon, dit Tour de Moncade : classement par liste de 1840. Douves appareillées ; sol et sous-sol archéologiques (cad. AC 70 à 75, 67, 368, 417, 25) : inscription par arrêté du 2 mars 1992. Motte féodale avec les vestiges du logis, et à partir de la motte vers l'extérieur du château, enceinte talutée surmontant les douves appareillées ; deuxième enceinte ; fausse-braie ; sol et sous-sol archéologique du château (cad. AC 71, 75) : classement par arrêté du 17 février 1995
Personnages clés
| Gaston VII de Moncada - Vicomte de Béarn |
Commanditaire du château vers 1242. |
| Garsende de Provence - Tutrice de Gaston VII |
Initiatrice du rapprochement avec l’Angleterre. |
| Gaston Fébus - Vicomte de Béarn (1343–1391) |
Rénovateur du donjon et résident. |
| Sicard de Lordat - Ingénieur militaire |
Auteur des travaux pour Fébus. |
| Jeanne d’Albret - Vicomtesse de Béarn |
Propriétaire lors des guerres de Religion. |
| Montgomery - Chef protestant |
Occupant du château en 1569. |
Origine et histoire
Le château de Moncade, situé à Orthez dans les Pyrénées-Atlantiques, est un ancien château fort construit au 2e quart du XIIIe siècle par la famille catalane des Moncada, vicomtes de Béarn. Érigé sur une colline dominant la vallée du gave de Pau, il contrôlait une voie stratégique pyrénéenne et servait de résidence fortifiée. La tour pentagonale, cœur du château, date d’environ 1250, tandis que des textes mentionnent un « château noble » dès 1256. Son rôle était à la fois défensif, résidentiel (avec des chambres pour le vicomte et sa famille) et symbolique, marquant le transfert de la capitale vicomtale de Morlaàs à Orthez sous Gaston VII.
Au XIVe siècle, le château s’étend au-delà de la tour, incluant un bourg castral protégé par des palissades et des fossés maçonnés. Gaston Fébus (1343–1391), vicomte emblématique, y réside entre 1388 et 1389 et y entrepose ses coffres, garantissant son indépendance financière. Des travaux sont attestés en 1368, probablement menés par l’ingénieur Sicard de Lordat, qui ajoute deux étages au donjon et améliore les enceintes. Froissart, chroniqueur reçu par Fébus, décrit une résidence insuffisante pour loger toute la cour, obligeant certains invités à séjourner en ville. Le château reste le siège du gouvernement vicomtal jusqu’au XVe siècle.
Le déclin commence en 1464, quand Gaston IV de Foix-Béarn déplace la capitale à Pau. Au XVIe siècle, les guerres de Religion ravagent Orthez : en 1569, la bataille oppose protestants (Montgomery) et catholiques (Terride), pillant la ville et endommageant le château. Malgré des réparations entre 1588 et 1613, son état se dégrade. En 1620, l’annexion du Béarn à la France en fait une propriété royale, puis la ville l’acquiert en 1745 avant de le revendre par parcelles. La tour, classée en 1840, est rachetée par Orthez en 1841. Aujourd’hui, subsistent le donjon, des vestiges du logis, et trois lignes de fortification.
Le donjon pentagonal, haut de 33 mètres, illustre l’architecture militaire médiévale. Ses étages supérieurs, résidentiels, abritaient des cheminées du XIVe–XVe siècle et des fenêtres ajoutées sous Gaston Fébus. La chemise (enceinte circulaire) et le fossé appareillé, partiellement conservés, témoignent des campagnes de construction successives. Le bourg castral, protégé par trois enceintes (dont celle de Lavignotte), comprenait un parc palissadé et une barbacane (1347). Les fouilles archéologiques révèlent un sol riche en vestiges, classé en 1992 et 1995 avec les douves et la motte féodale.
Le château de Moncade incarne l’histoire politique du Béarn, des Moncada à la famille de Foix-Béarn. Son abandon progressif reflète les mutations du pouvoir vicomtal, tandis que sa protection au titre des monuments historiques (1840 pour le donjon) souligne son importance patrimoniale. Les restaurations des XIXe et XXe siècles, bien que partielles, ont préservé ce témoin des rivalités médiévales entre royaumes d’Aragon, d’Angleterre et de France, ainsi que des conflits religieux de la Renaissance.