Origine et histoire du Château de Mondoubleau
Le château de Mondoubleau, édifié au début du XIe siècle (vers 1010-1040) par Hugues Ier Doubleau, est un exemple précoce de donjon circulaire en pierre, rare pour cette époque. Construit avec l’autorisation du comte Eudes II de Blois, il marque le pouvoir de la famille seigneuriale de Mondoubleau, liée aux vicomtes de Vendôme par le mariage d’Hugues Ier avec Adèle Le Riche. Ce château fortifié, situé au point le plus haut de la ville, symbolisait alors la domination féodale sur la région du Perche Vendômois, à la frontière entre les influences des comtes de Blois et d’Anjou.
Au fil des siècles, le château changea de mains à travers des alliances matrimoniales et des ventes. Au XIIe siècle, il passa aux mains des seigneurs de Fréteval, puis aux vicomtes de Châteaudun par le mariage d’Helvise de Fréteval avec Geoffroy III de Châteaudun. Au XVe siècle, Mondoubleau fut intégré au comté de Vendôme par Louis Ier de Bourbon-Vendôme (1406), avant d’être temporairement possédé par la famille d’Escoubleau de Sourdis (à partir de 1593), puis de revenir à la Couronne sous Henri IV. Le château, aujourd’hui en ruines, fut inscrit aux Monuments Historiques en 1926 pour son donjon, témoin architectural majeur de l’époque féodale.
La ville de Mondoubleau, ceinte de fortifications (également inscrites en 1926), fut un centre administratif important : siège d’une prévôté, d’une sénéchaussée, puis d’un bailliage avant la Révolution. Son histoire est marquée par des épisodes judiciaires notables, comme le procès de Renée de Vendômois (fin XVe siècle), où le châtelain Jean de Courcillon joua un rôle controversé. La région, agricole et boisée, conservait aussi des traces d’un monastère bénédictin détruit au XIIIe siècle et d’une maladrerie (détruite en 1737), reflétant son passé religieux et caritatif.
Architecturalement, le château se distingue par son donjon du XIe siècle, l’un des premiers en France à combiner une forme circulaire et une construction en pierre, innovante pour l’époque. Les ruines actuelles, propriété de la commune, rappellent son rôle stratégique dans les conflits féodaux et son intégration progressive au domaine royal. La chapelle de Guériteau, située aux abords de la ville, ajoute une dimension légendaire au patrimoine local, liée à des récits de rédemption et de sources miraculeuses.
Au XXe siècle, Mondoubleau, classée en zone rurale, a vu son économie se recentrer sur l’agriculture (céréales, oléoprotéagineux) et le tourisme patrimonial. Le château, bien que partiellement en ruines, reste un symbole de l’héritage médiéval du Perche Vendômois, aux côtés d’autres monuments protégés comme le manoir de Rocheux ou les maisons à pans de bois du XVIIe siècle. Son inscription précoce (1926) souligne son importance dans l’histoire de l’architecture militaire française.