Frise chronologique
1214
Donation de la seigneurie de Mons
Donation de la seigneurie de Mons
1214 (≈ 1214)
Philippe Auguste offre Mons à Guérin, évêque de Senlis.
XIIIe siècle
Fondation du château
Fondation du château
XIIIe siècle (≈ 1350)
Construction par Guérin, évêque de Senlis.
XVe siècle
Reconstruction du château
Reconstruction du château
XVe siècle (≈ 1550)
Rebâtiment après destructions médiévales.
XVIe siècle
Reconstruction après la Guerre de Cent Ans
Reconstruction après la Guerre de Cent Ans
XVIe siècle (≈ 1650)
Château partiellement rebâti après destructions.
1807
Acquisition par les Delfau de Pontalba
Acquisition par les Delfau de Pontalba
1807 (≈ 1807)
Début des transformations néogothiques troubadour.
1840
Rénovation romantique
Rénovation romantique
1840 (≈ 1840)
Façades et parc redessinés.
Années 1880-1890
Dernières modifications majeures
Dernières modifications majeures
Années 1880-1890 (≈ 1885)
Travaux des architectes Clément et Louis Parent.
1989
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1989 (≈ 1989)
Protection des façades et de la chapelle.
Années 1990
Restauration partielle
Restauration partielle
Années 1990 (≈ 1990)
Sauvegarde après abandon des années 1970-1980.
2016
Restauration de la chapelle
Restauration de la chapelle
2016 (≈ 2016)
Première campagne de travaux publics.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du château proprement dit, de l'aile XVIIIe siècle et de la chapelle ; bibliothèque du château (cad. F 287 à 289) : inscription par arrêté du 28 juin 1989
Personnages clés
| Guérin - Évêque de Senlis (1213-1227) |
Fonda le château après Bouvines. |
| Philippe Auguste - Roi de France (1180-1223) |
Offrit la seigneurie de Mons à Guérin. |
| Famille Delfau de Pontalba - Propriétaires depuis 1807 |
Transforma le château en style troubadour. |
| Alexandre Lenoir - Architecte et conservateur (1761-1839) |
Sauva les pierres des Grands-Carmes de Metz. |
| Joséphine de Beauharnais - Ancienne propriétaire du jubé |
Céda les éléments à Mont-l'Évêque. |
| Joseph-Xavier Delfau de Pontalba - Propriétaire (à partir de 1807) |
Transforma le château en style troubadour. |
| Clément Parent et Louis Parent - Architectes (fin XIXe siècle) |
Achevèrent la transformation du château. |
| Armand de Roquelaure - Dernier évêque résident |
Occupa le château avant la Révolution. |
Origine et histoire
Le château de Mont-l'Évêque trouve ses origines au début du XIIIe siècle, lorsque le roi Philippe Auguste offre en 1214 le site de Mont-le-Roy à son chancelier Guérin, alors évêque de Senlis. Ce dernier y établit une résidence épiscopale, marquant le début d’une longue association entre le lieu et les évêques de Senlis, qui durera jusqu’à la Révolution française. Le domaine, adjacent à l’abbaye de la Victoire fondée par Guérin, devient un symbole du pouvoir ecclésiastique local. Les bâtiments initiaux, partiellement détruits au cours des siècles, sont reconstruits au XVe siècle, puis profondément remaniés après 1840 par la famille Delfau de Pontalba, qui acquiert le château en 1807. Cette famille, notamment Joséphine de Pontalba, lui donne son apparence actuelle en adoptant le style troubadour, un courant romantique cherchant à évoquer un Moyen Âge idéalisé.
La chapelle du château, datée du XVe siècle, abrite un élément remarquable : le jubé du Carmel de Metz, sauvé par Alexandre Lenoir pour le musée des Monuments français avant d’être cédé à Joséphine de Beauharnais. Après sa mort, ces pièces, restées en caisses, sont vendues et intègrent finalement le château de Mont-l’Évêque. Le domaine s’organise autour d’un espace central rectangulaire, entouré d’un parc à l’anglaise aménagé au XIXe siècle, où paissent aujourd’hui des moutons. La Nonette, qui traverse la propriété, forme un lac orné de cygnes, ajoutant au caractère pittoresque des lieux. Bien que la chapelle, en mauvais état, ait bénéficié d’une première campagne de restauration en 2016 grâce à une souscription publique, le château reste une propriété privée dont seule la visite extérieure est autorisée.
L’histoire du château est indissociable de celle de la commune de Mont-l’Évêque, dont le nom évolue au fil des siècles (Mont-le-Roy, Mons episcopi, puis Mont-l’Évêque à partir du XIXe siècle). Le village, situé en lisière de la forêt d’Ermenonville, est marqué par des conflits historiques, comme les guerres de Religion (bataille contre les ligueurs en 1589) ou les pillages prussiens de 1815. Au XXe siècle, le domaine est intégré à la ligne Chauvineau, un système défensif construit avant la Seconde Guerre mondiale pour protéger Paris. Un bloc de type Bouclier, destiné à abriter un canon antichar, subsiste encore près de la forêt.
Architecturalement, le château se compose de trois bâtiments principaux : la chapelle et le corps central, tous deux remaniés au XIXe siècle, et une aile du XVIIIe siècle abritant autrefois les services administratifs du diocèse. Les façades, décorées dans le style troubadour, contrastent avec la structure interne médiévale, partiellement préservée depuis le XVIe siècle. Le parc, autrefois aménagé en jardin paysager, offre aujourd’hui un cadre bucolique où se mêlent bois, prairies et éléments hydrauliques hérités de la Nonette. La famille de Pontalba, toujours propriétaire, a su conserver l’esprit romantique du lieu tout en l’adaptant aux époques successives.
Le château de Mont-l’Évêque est classé Monument Historique depuis 1989 pour ses façades, toitures et la bibliothèque du château. Bien que la visite intérieure ne soit pas ouverte au public, le parc et les extérieurs permettent d’apprécier ce témoignage rare de l’architecture troubadour en Île-de-France. La chapelle, en cours de restauration, et les vestiges défensifs de la ligne Chauvineau rappellent les multiples strates historiques du site, des origines médiévales aux enjeux militaires du XXe siècle.