Origine et histoire du Château de Montagnieu
La maison forte de Montagnieu est un édifice médiéval construit aux XIVe et XVe siècles sur la commune de Soleymieu, en Isère. Située à flanc de colline, elle domine la route reliant Crémieu à Morestel (D517). Son architecture rectangulaire, flanquée d’une tour carrée abritant un escalier en colimaçon, témoigne de son rôle défensif initial. Les façades et toitures, inscrites aux monuments historiques en 1979, sont couvertes de dalles de calcaire, et un cadran solaire du XVIe siècle orne la façade méridionale.
Le premier seigneur attesté est Henri de Montagnieu en 1347, suivi par des hommages successifs d’Amblard de Machy en 1363 et 1375. En 1430, Arthaud de Machy rédige son testament dans la chapelle de la maison forte. Au XVIIIe siècle, la famille La Poype modifie l’édifice : démolition du mur d’enceinte pour construire deux pavillons (1778), agrandissement des fenêtres, et ajout d’un four daté de 1734. Les transformations intérieures reflètent une adaptation aux usages résidentiels de l’époque.
Au début du XXe siècle, la famille Camel de Montgolfier rénove la grande salle du premier étage dans un style médiéval et appose ses armoiries sur la porte d’entrée. Depuis 1976, la maison forte appartient à la communauté chrétienne du Chemin Neuf, qui y a aménagé une chapelle et des espaces d’accueil pour des retraites spirituelles, notamment axées sur la « guérison intérieure ». L’ancienne grange, partiellement ruinée, a été restaurée en lieu de culte.
L’intérieur conserve des éléments remarquables, comme une salle d’apparat rectangulaire au premier étage, flanquée de pièces carrées. Au sommet de l’escalier, une petite pièce voûtée en croisée d’ogives, ornée de sculptures représentant deux anges, un abbé et une figure féminine, suggère un usage religieux ancien. Cette fonction a été perpétuée par le Chemin Neuf, qui utilise aujourd’hui l’ensemble comme maison d’accueil et de prière.
Architecturalement, la maison forte formait à l’origine le côté nord d’un carré fortifié, dont les murs, épais de 1,10 à 1,15 mètre et hauts de huit mètres, étaient crénelés. Les traces de ces aménagements défensifs restent visibles. Construite en moellons de calcaire, la structure allie robustesse et élégance, avec des modifications ultérieures reflétant son évolution vers un usage résidentiel et spirituel.