Origine et histoire du Château de Montaigu
Le château de Montaigu trouve ses origines au XVIIe siècle avec un ermitage fondé par Raphaël Hanzelin en 1608, incluant une chapelle dédiée à Notre-Dame de Montaigu. Détruite en 1793 sous la Terreur, la chapelle est relevée au début du XIXe siècle par Nicolas Poupillier, puis déplacée en 1931 pour éviter les vibrations de la voie ferrée Paris-Strasbourg. Les fouilles menées par Édouard Salin lors de ce déménagement ont révélé les fondations de l’ermitage et du chœur.
Au XVIIe siècle, le domaine des Hauts de Bourgomay, propriété de René Rennel (chancelier des comptes de Lorraine), servait de pavillon de chasse. En 1757, Bon Prévost, Receveur Général des Fermes de Lorraine, y fait construire une maison de plaisance pour élever sa fille, Adélaïde Edmée. La proximité du château ducal de La Malgrange, bâti par Stanislas Leszczynski en 1737, influence ce choix. La façade Est, avec ses terrasses et ferronneries d’art, subsiste encore aujourd’hui.
Entre 1860 et 1890, le marquis Maxime de Vaugiraud et son épouse Joséphine Coralie Lebègue de Passoncourt transforment la demeure en un château néoclassique, ajoutant des ailes basses, des pavillons et une toiture style Napoléon III. L’architecte Albert Jasson s’inspire du château d’Asnières, tandis que les ferronneries de Jean Lamour ornent la façade Ouest. En 1921, un incendie ravage le château, récemment acquis par Édouard Salin, archéologue et collectionneur.
La restauration, confiée à Pierre Le Bourgeois, innove avec des techniques modernes (béton armé, charpente métallique) tout en respectant le style XVIIIe. Édouard Salin conçoit le château comme un « conservatoire artistique », mêlant archéologie, mobilier ancien et art contemporain. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château est partiellement occupé, mais préservé par Salin, comme en témoigne l’inscription Domus Servata sur sa façade.
Sans descendance, Suzanne et Édouard Salin lèguent en 1979 le domaine à la Ville de Nancy et ses collections à la Société d’Histoire de la Lorraine. Classé Monument Historique (1957 pour les façades, 1998 pour les dépendances), le château rouvre au public en 2017 après des décennies de fermeture. Labellisé Maison des Illustres en 2019, il célèbre aujourd’hui l’héritage des Salin, alliant patrimoine architectural et collections éclectiques.
Le parc de 14 hectares, classé, abrite la chapelle déplacée et des vestiges archéologiques. À proximité, le Musée de l’Histoire du Fer, construit dans les années 1960, témoigne des aménagements modernes du domaine. Les intérieurs du château, restaurés après l’incendie, abritent des pièces thématiques (salon de musique, cabinet de travail) et des objets phares comme un clavecin de Philippe Denis (1674) ou un bureau de Jacques Dubois, ébéniste de Louis XV.