Origine et histoire du Château de Montaigut
Le château de Montaigut, édifié dès le Xe siècle comme tour de garde sur un éperon rocheux, protégeait Saint-Affrique des attaques venues du sud. Construit sur une nécropole mérovingienne identifiée en 1971, il est mentionné pour la première fois en 996 dans le cartulaire de Gellone. Ses seigneurs, comme les Caylus puis Bernard d'Olargues (XIIIe siècle), financèrent aussi l’abbaye de Sylvanès. Le site, stratégique, combinait donjon, mur d’enceinte et fossé taillé dans la roche.
Au XVe siècle, la famille de Blanc transforme radicalement le château : agrandissement des espaces, ajout d’échauguettes, de voûtes gothiques, de portes en accolade, et de cheminées reflétant le confort résidentiel de l’époque. Le système défensif (mâchicoulis) est conservé, mais le château devient une demeure seigneuriale. Passé aux seigneurs d’Annat (1596), puis à Jean de Rouvellet (1670), ce dernier y ajoute des gypseries et démantèle les défenses au XVIIe siècle, remplaçant les toits par des lauzes. Le château abrite aussi une prison, témoin de son rôle judiciaire.
Abandonné au XIXe siècle, le château sert de refuge aux paysans avant de tomber en ruine (effondrement partiel en 1965). Sauvé en 1968 par l’association Les Amis du château de Montaigut, il fait l’objet d’une restauration majeure (reconstruction partielle, consolidation des murs) et est inscrit aux Monuments Historiques en 1987. Depuis 1989, il accueille des animations culturelles et se visite, mettant en valeur son escalier à vis, ses salles voûtées, et sa forge du XIXe siècle.
L’architecture mêle éléments médiévaux (donjon à 7 niveaux, citerne creusée dans le roc) et ajouts Renaissance (fenêtres à linteaux, contreforts). La cour centrale, entourée de communs et d’écuries du XVe siècle, révèle des traces des différentes époques, comme les baies comblées puis rouvertes ou les pierres de reconstruction post-1968. Les fouilles de 1971 ont confirmé son implantation sur une nécropole du Haut Moyen Âge, soulignant son ancrage historique profond.