Origine et histoire du Château de Montaillou
Le château de Montaillou est un ancien château fort du XIIIe siècle, aujourd’hui en ruines, situé dans le département de l’Ariège, en région Occitanie. Ses vestiges, inscrits aux monuments historiques depuis 1984, se dressent sur une butte au-dessus du village, dominant la haute vallée de l’Hers. À l’origine, il s’agissait d’une forteresse frontalière entre le comté de Foix et le pays de Sault, mentionnée dès 1272 comme l’une des places fortes assurant la défense contre l’Aragon.
Le château est étroitement lié à l’histoire cathare : en 1258, son propriétaire Bernard d’Alion, seigneur de Donezan et époux d’Esclarmonde de Foix (fille illégitime présumée du comte de Foix), est condamné pour hérésie et brûlé vif à Perpignan. Le château, probablement démoli après cet événement, est reconstruit par la suite. En 1309, il sert de lieu de rassemblement pour les habitants de Montaillou, accusés d’hérésie par l’Inquisition, avant leur transfert à Carcassonne pour interrogatoire.
Au XVe siècle, face aux guerres de Religion, le château est renforcé pour résister à un siège. Les villageois participent activement à sa remise en état : construction d’échauguettes, approvisionnement en armes (arbalètes, canons, boulets de pierre) et en provisions, tandis que les hommes en âge de combattre sont mobilisés pour sa défense. Le donjon et la basse-cour, équipés de fossés et de hourds, deviennent un point stratégique. Cependant, ayant perdu son rôle de poste frontière, le château est finalement démantelé en 1638 sur ordre de Louis XIII.
Aujourd’hui, il ne subsiste que des pans de murs du donjon et des courtines, ainsi que les traces des fossés. Un cachot, situé dans la partie basse d’une tour, est également attesté. Les pierres des ruines ont partiellement servi à la construction du village. Le site, propriété de la commune, offre un témoignage des conflits médiévaux et de l’architecture militaire de l’époque.