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Château de Montargis dans le Loiret

Château de Montargis

    16 Place du Château
    45200 Montargis

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
600
700
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Ve ou VIe siècle
Origine légendaire
1069
Première mention seigneuriale
1130-1149
Construction du château
1184
Rattachement à la Couronne
XIVe siècle
Travaux de Charles V
1561
Restauration par Renée de France
1791
Vente comme bien national
1810-1835
Démolition partielle
2011-2021
Restaurations récentes
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Clovis Ier - Roi des Francs Attribué comme fondateur légendaire.
Jocelin de Courtenay - Seigneur de Montargis Premier titulaire connu en 1069.
Philippe Auguste - Roi de France Rattache Montargis à la Couronne.
Charles V - Roi de France Transforme le château en résidence royale.
Renée de France - Fille de Louis XII Restaure château et jardins.
Jacques Androuet du Cerceau - Architecte Conçoit les jardins et bâtiments.
Philippe Égalité - Duc d’Orléans Détruit partie des jardins.

Origine et histoire

Le château de Montargis, situé dans le Loiret, est un ancien château fort devenu résidence royale, aujourd’hui en grande partie ruiné. Ses vestiges incluent la tour carrée dite « poterne », trois écuries, et trois tours nord bâties sous Philippe Auguste. Le site conserve aussi des traces de l’église basse Sainte-Marie (XIIe siècle) et des caves du jardin royal du XIIIe siècle, partiellement détruits par Philippe d’Orléans et Philippe Égalité. Les plans de Jacques Ier Androuet du Cerceau et les estampes d’Anne-Louis Girodet permettent une restitution partielle de son apparence passée.

Selon la tradition, une tour fortifiée édifiée par Clovis au Ve ou VIe siècle marque l’origine du château. Au XIIe siècle, la famille de Courtenay en fait un fief stratégique : Jocelin de Courtenay en devient seigneur en 1069, et Miles de Courtenay y construit un nouveau château vers 1130. Renaud de Courtenay ajoute une première enceinte protégeant l’agglomération. Pierre Ier et Pierre II de Courtenay, liés à la royauté par mariage, renforcent son importance, ce dernier devenant même empereur latin de Constantinople en 1216.

Le château entre dans le domaine royal en 1184 sous Philippe Auguste, qui y érige un donjon. Charles V, au XIVe siècle, en fait une résidence majeure en y ajoutant une « grande salle des armes » et une chapelle, confiant les travaux à Raymond du Temple. L’horloge installée en 1380 compte parmi les premières de France. Au XVIe siècle, Renée de France, fille de Louis XII, y accueille des protestants et restaure le château après un incendie en 1525, avec l’aide de Jacques Androuet du Cerceau, qui y ajoute des jardins inspirés de Ferrare.

À l’époque moderne, le château passe aux mains de la famille d’Orléans. Marie de Médicis l’acquiert en 1612 pour l’apanage du duc d’Orléans. Au XVIIIe siècle, Philippe Égalité y installe une filature de coton, détruisant une partie des jardins royaux. Vendu comme bien national en 1791, il est démantelé entre 1810 et 1835 pour récupérer ses matériaux. Ses ruines sont aujourd’hui partagées entre plusieurs propriétaires, dont la Fondation Culture et Promotion et la ville de Montargis.

Les jardins, dessinés par Jérôme Teste pour Renée de France, mêlaient espaces d’agrément et jardins de subsistance. Endommagés lors des guerres de religion, ils furent progressivement cédés à des particuliers ou urbanisés. Au XIXe siècle, un télégraphe de Chappe y fut brièvement installé. En 2010, 12 carreaux des jardins ont été recréés d’après les plans de du Cerceau, grâce à un financement conjoint de la ville et de la région Centre-Val de Loire.

Depuis 2011, des campagnes de restauration ont concerné les remparts et certaines tours. Un parcours piétonnier, inauguré en 2021, permet de découvrir les vestiges du « château royal », tandis qu’un musée expose plans et maquettes. Les archives conservées sous la chapelle Notre-Dame auxiliatrice documentent son histoire, des dessins médiévaux aux destructions révolutionnaires.

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