Origine et histoire du Château de Montausier
Le château de Montausier, situé dans l’actuelle commune de Baignes-Sainte-Radegonde (Charente), était à l’origine un château fort attestée dès le Xe siècle sous les comtes d’Angoulême. Érigé en baronnie au XIVe siècle, il devint la propriété des Sainte-Maure, famille influente qui le transforma en marquisat (1644), puis en duché-pairie (1665). Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier et gouverneur du Grand Dauphin, y naquit en 1610. Le domaine, confisqué pendant la Révolution, fut détruit en 1793, ne laissant qu’une tour ovale du XVe siècle et une fontaine voûtée, la Font-Madame.
La tour subsistante, à lângle du château disparus, présente des mâchicoulis et deux excroissances abritant des escaliers en vis. Un inventaire de 1671 mentionne un « logis neuf » et des tours secondaires, mais le duc résidait surtout au château de Rambouillet. Les vestiges incluent aussi des douves et les traces d’une chapelle médiévale dédiée à la Vierge, liée à des croyances populaires (eaux thérapeutiques ou vœux de mariage).
À proximité, l’abbé Jean-Hippolyte Michon, pionnier de la graphologie, fit construire entre 1871 et 1879 un manoir de style mauresque, souvent confondu avec l’ancien château. Ce manoir de l’abbé Michon, orné de sculptures inspirées de l’Orient et de devises latines, réutilise les fondations de deux tours médiévales. Michon, surnommé « l’ermite de Montausier », y vécut jusqu’à sa mort en 1881. Le site, marqué par l’histoire féodale et les transformations du XIXe siècle, illustre l’évolution d’un domaine seigneurial en patrimoine local.
Le fief de Montausier, enclave de l’Angoumois en Saintonge, regroupait une dizaine de paroisses sous l’autorité des Sainte-Maure, qui y exerçaient la haute justice. Léon de Sainte-Maure obtint en 1487 l’autorisation de fortifier le château, détruit par les Anglais. Le duché-pairie, l’un des trois de la province avec Villebois-Lavalette et La Rochefoucauld, symbolisait le pouvoir des gouverneurs militaires de Saintonge et d’Angoumois. Après 1793, la paroisse de Sainte-Radegonde fut rattachée à Baignes, formant Baignes-Sainte-Radegonde.
L’allée centrale du château, dite allée de Mail, fut intégrée au XIXe siècle à une route départementale. La Font-Madame, associée à Marguerite de Châteaubriand (mère du duc), porte une inscription partiellement effacée du XVIIe siècle. Les douves, visibles au nord-ouest, et les vestiges de la chapelle rappellent l’importance religieuse et stratégique du site. Le plan original du château, conservé en mains privées, révèle une structure rectangulaire flanquée de tours rondes à mâchicoulis, typique de l’architecture défensive Renaissance.