Origine et histoire du Château de Montbrun
La chartreuse, appelée aussi château de Monbrun ou de Montbrun, est implantée sur la commune de Verdon, en Dordogne, région Nouvelle-Aquitaine. Située dans le Bergeracois, elle se trouve au lieu-dit Monbrun, à moins de deux kilomètres au nord-nord-est du bourg et à proximité de la route départementale 36, en limite nord-est de la commune. Propriété privée, elle est ouverte au public lors des Journées du patrimoine et bénéficie d’une protection au titre des monuments historiques (inscription à l’Inventaire supplémentaire le 27 septembre 1948). Construction commencée à partir de 1765 à la demande d’Isaac Jacques de La Valette et poursuivie après sa mort par son fils Jean Symphorien, la demeure est un manoir du XVIIIe siècle de type « chartreuse », assez fréquent en Périgord. L’ensemble présente cinq corps de bâtiments en ligne, ce qui est rare pour les chartreuses de la région. La façade principale, orientée à l’ouest, adopte un style néo-classique ; le logis, un seul niveau, est flanqué d’un pavillon central et de deux pavillons d’ailes saillants, dont le pavillon sud a été surélevé ultérieurement d’un étage. Les toits du logis et du pavillon central sont percés de trois lucarnes à fronton triangulaire, et la toiture se relève en son milieu pour rompre la monotonie de la ligne. Jouxtant le pavillon sud, une chapelle familiale a été érigée au XIXe siècle et consacrée en 1837. Perpendiculairement aux pavillons d’ailes, deux ailes de communs s’étendent vers l’est sur environ quarante mètres et délimitent, avec une rangée de dépendances orientale pourvue d’un portail central, une cour rectangulaire. Dans cette cour se trouve un puits profond de 18 mètres, construit en 1776. Côté jardin, une terrasse basse précédée d’une balustrade prolonge les façades occidentales des pavillons d’aile ; l’accès se fait au centre entre deux sculptures représentant des sphynges accroupies. Depuis sa construction, la chartreuse a appartenu aux familles de La Valette-Monbrun jusqu’en 1969, puis aux de La Loge d’Ausson ; Jeanne de La Loge d’Ausson a hérité du domaine après avoir été adoptée par ses oncle et tantes, restés sans postérité. Jean Secret écrivait en 1966 dans Le Périgord, châteaux, manoirs et gentilhommières : « Peu de demeures classiques ont une telle noblesse ! » Parmi les éléments notables du domaine figurent la chapelle familiale, les communs, la cour et son puits, le portail oriental, la balustrade ornée des deux sphynges et l’ancien vivier.