Origine et histoire du Château de Montchaude
Le château de Montchaude, situé à Montmérac en Charente, est un monument Renaissance profondément transformé au XIXe siècle. Ses origines remontent à une terre seigneuriale détenue par la famille de Barbezieux dès le XIe siècle, comme en témoigne Arnaud de Montchaude, cité dans un cartulaire vers 1075. Hugues de Montchaude, au XIVe siècle, y est également associé par une donation pour le mariage de sa fille. Le domaine passe ensuite entre les mains des Mareuil, Bouchard d'Aubeterre, puis des Saint-Gelais de Lusignan, qui le conservent jusqu’en 1732.
La construction du château actuel est attribuée soit à Émery Bouchard d'Aubeterre entre 1550 et 1560, soit aux Saint-Gelais à la fin du XVIe siècle, peut-être par l’architecte Antoine Fontan, également lié au château de La Rochefoucauld. Entouré de douves à l’origine, il subit des remaniements majeurs sous Louis-Eugène Arnous, député bonapartiste, qui le modernise entre 1889 et le début du XXe siècle avec les architectes Édouard Warin et Raymond Barbaud. Le château change plusieurs fois de propriétaires, dont le vice-premier ministre omanais Fahd bin Mahmoud al Said, qui le restaure dans les années 1990.
En 1986, le château est acquis par Fahd bin Mahmoud al Said, qui entreprend une restauration de plus de dix ans et y séjourne régulièrement. Revendu en 2013 à un couple canadien, il est partiellement détruit par un incendie une semaine après l’achat. La partie endommagée est restaurée entre 2014 et 2015 par l’atelier bordelais Brachard de Tourdonnet. Le château, caractérisé par un corps de logis flanqué de pavillons et un toit d’ardoises à pans brisés, possède des lucarnes ornées de motifs floraux et des blasons, ainsi qu’une fuie ronde dans le parc.
Architecturalement, le château allie des éléments Renaissance, comme les lucarnes sculptées, à des ajouts du XIXe siècle, notamment le rehaussement du toit. La terrasse, le jardin et le parc complètent l’ensemble, reflétant les transformations successives du monument. Son histoire récente, marquée par des restaurations et des changements de propriétaires internationaux, illustre son attractivité patrimoniale et son ancrage dans l’histoire locale charentaise.