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Château de Montecler à Châtres-la-Forêt en Mayenne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château
Mayenne

Château de Montecler

    Le Bourg
    53600 Châtres-la-Forêt
Château de Montecler
Château de Montecler
Château de Montecler
Crédit photo : A de Ruffray - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1605
Érection en châtellenie
janvier 1616
Création du marquisat
1631
Fondation de la chapelle
1791
Saisie révolutionnaire
1832
Réunion royaliste
2011
Classement MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Voir commune de : Saint-Christophe du Luat

Personnages clés

Urbain de Montecler (1577–1641) - 1er marquis de Montecler Obtient l’érection en marquisat en 1616.
André de Montecler (1600–1657) - 2e marquis Fonde la chapelle en 1631.
François de Montecler (1641–1699) - Vicomte de Raveton Officier en Flandre, propriétaire sous Louis XIV.
Hyacinthe-François-Georges de Montecler (1719–1764) - Comte de Montecler Naît au château, dernier mâle direct.
Aimé Bouvier - Peintre décorateur Auteur présumé des lambris de la chambre dorée.
Louis Dubois du Bais - Représentant en mission Lève le séquestre révolutionnaire en 1795.

Origine et histoire

Le château de Montecler, situé à la limite entre Châtres-la-Forêt et Saint-Christophe-du-Luat en Mayenne, trouve ses origines dans l’ancienne seigneurie de Launay-Péan. En 1605, cette seigneurie est érigée en châtellenie sous le nom de l’Aunay, dépendant alors du baron de Sainte-Suzanne. En janvier 1616, le roi Louis XIII élève cette châtellenie en marquisat pour récompenser Urbain de Montecler, créant ainsi le marquisat de Montecler. Ce titre, relevant directement de la couronne, s’accompagne de privilèges et de l’acquisition de fiefs voisins comme Moncrintin ou Saint-Christophe.

Le château actuel, bien que vaste et imposant, reste inachevé : son corps de logis principal manque de combles élancés et d’un second pavillon prévu. Parmi ses éléments remarquables figurent un pavillon aux toitures tourmentées, une chapelle fondée en 1631 par André de Montecler, et une « chambre dorée » aux lambris sculptés, peut-être décorée par le peintre Aimé Bouvier en 1693. Les écuries voûtées, surmontées d’une « salle des gardes », complètent cet ensemble qui mêle fonctions résidentielles et symboles de pouvoir.

Pendant la Révolution française, le château est abandonné par ses propriétaires, accusés d’émigration. En 1791, des armes et un canon historique y sont saisis par la garde nationale d’Évron. Les bois environnants deviennent un repaire de chouans, scène de combats entre républicains et royalistes jusqu’en 1832. Après la Terreur, la marquise de Montecler tente de sauver les biens familiaux depuis Paris, tandis que le domaine, négligé, est confié à un régisseur. Le château reste un symbole des luttes politiques de l’époque.

La famille de Montecler, propriétaire des lieux depuis le XVIe siècle, descend des seigneurs de l’Aunay-Péan et des Cibel, famille noble alliée aux Le Porc et Nepveu. Urbain de Montecler (1577–1641), premier marquis, et ses descendants, dont François de Montecler (1641–1699), vicomte de Raveton, marquent l’histoire du lieu. Le blason familial, de gueules au lion d’or couronné, et la devise Magnus inter pares incarnent leur prestige. Au XIXe siècle, le marquisat passe à Eugénie-Henriette de Montecler, puis à ses descendants, dont les actuels propriétaires, Benoît et Odile de Ruffray.

Classé monument historique en 2011, le château de Montecler illustre l’architecture aristocratique du Grand Ouest. Son histoire, liée aux guerres de Religion, à la Fronde, et aux conflits vendéens, en fait un témoin majeur du patrimoine mayennais. Les archives mentionnent aussi son rôle militaire, avec le régiment des Dragons Montecler, devenu le 13e Dragons sous l’Ancien Régime.

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