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Château de Montépilloy dans l'Oise

Oise

Château de Montépilloy

    3 Place du Château
    60810 Montépilloy

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1900
2000
1148
Première mention du toponyme
Début XIIIe siècle
Construction de la porte fortifiée
1358
Destruction lors de la Grande Jacquerie
1360–1390
Reconstruction du donjon
1409–1411
Rénovation et « château neuf »
3 mai 1963
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Classé MH

Personnages clés

Bouteiller de Senlis - Seigneurs et constructeurs initiaux Propriétaires jusqu’en 1353, bâtisseurs de la muraille.
Robert de Lorris - Chambellan du roi, acquéreur en 1353 Lance la reconstruction après la Jacquerie.
Enguerrand VII de Coucy - Seigneur puissant, propriétaire vers 1383 Poursuit les travaux du donjon avant 1390.
Olivier V de Clisson - Connétable de France, propriétaire en 1389 Acheva peut-être le donjon, influences bretonnes.
Guillaume II Le Bouteiller - Seigneur armagnac, maître d’ouvrage en 1409 Commande les remaniements à Jean Aubelet.
Jean Aubelet - Architecte et maître maçon Conçoit les étages supérieurs du donjon.

Origine et histoire

Le château de Montépilloy, situé dans le département de l'Oise en région Hauts-de-France, est un ensemble de ruines médiévales dominé par un donjon circulaire de 35 mètres de haut, visible à plus de 10 km. Classé monument historique en 1963, il comprend une muraille d'enceinte, un châtelet du XIIIe siècle rehaussé au XVe siècle, et un « château neuf » inachevé du début du XVe siècle. Les vestiges illustrent l’évolution de l’architecture militaire entre le Moyen Âge central et la fin de la guerre de Cent Ans, période durant laquelle le château fut partiellement détruit et transformé en ferme.

La construction du château est associée à plusieurs familles nobles. Les Bouteiller de Senlis, propriétaires entre le XIIe siècle et 1353, édifièrent probablement la muraille et la porte fortifiée initiale. Après la destruction du château lors de la Grande Jacquerie (1358), Robert de Lorris, puis Enguerrand VII de Coucy et Olivier V de Clisson, contribuèrent à sa reconstruction, notamment le donjon entre 1360 et 1390. Guillaume II Le Bouteiller, de retour en 1407, engagea l’architecte Jean Aubelet pour remanier les étages supérieurs du donjon et construire le « château neuf » entre 1409 et 1411. Les travaux cessèrent brutalement en 1411 avec la perte de la seigneurie au profit des Bourguignons.

Le donjon, élément le plus emblématique, présente des caractéristiques architecturales mêlant des styles des XIVe et XVe siècles. Son escalier rampant, ses voûtes ogivales et ses mâchicoulis (similaires à ceux de Pierrefonds) révèlent des campagnes de construction successives, marquées par les troubles de la guerre de Cent Ans. La porte fortifiée, initialement militaire, fut rehaussée à la fin du XVe siècle pour un usage résidentiel, reflétant l’évolution des besoins seigneuriaux. Le « château neuf », inachevé, devait former une cour noble avec logis et tour hémicirculaire, mais seul un quart du projet fut réalisé.

Après 1496, le château, propriété de la famille de Montmorency, ne servit plus que de ferme seigneuriale jusqu’à la Révolution. Les ruines, partiellement restaurées par des bénévoles en 2019, furent ouvertes au public pour la première fois en 2012. Le site offre un témoignage rare de l’adaptation des forteresses médiévales aux conflits et aux changements sociaux, dans un paysage dominé par son donjon, symbole de pouvoir féodal.

Le toponyme Montépilloy, attesté dès 1148 sous la forme Montespiloir, évoque une tour de guet (mont de l’observatoire en picard). Cette origine linguistique confirme la vocation initiale du site : une position stratégique sur une butte à 133,5 m d’altitude, contrôlant l’ancienne route de Crépy-en-Valois à Senlis. La forêt environnante et les plaines agricoles dénudées accentuent la visibilité du donjon, marquant durablement le paysage local.

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