Frise chronologique
1799 (27 fructidor an VII)
Vente nationale
Vente nationale
1799 (27 fructidor an VII) (≈ 7)
Château acquis par des particuliers.
1586
Fortification par René de Montesson
Fortification par René de Montesson
1586 (≈ 1586)
Creusement des douves et construction du châtelet.
1765
Inventaire du domaine
Inventaire du domaine
1765 (≈ 1765)
Logis modeste, chapelle, écuries et jardins décrits.
1775
Vente à Alexis-Bruno de Vassé
Vente à Alexis-Bruno de Vassé
1775 (≈ 1775)
Transmission avant la Révolution française.
3 juin 1996
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
3 juin 1996 (≈ 1996)
Inscription à l’inventaire supplémentaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du logis du XVIIe siècle ; tous les autres éléments subsistants du château, y compris les murs de soutènement de la plate-forme avec ses tours arasées, les douves en eau et les douves sèches protégeant le jardin avec les petits ponts de pierre, l'assiette archéologique de la plate-forme fortifiée ainsi que la charmille à l'extérieur des douves (cad. WZ 9 ) : inscription par arrêté du 3 juin 1996
Personnages clés
| René de Montesson - Seigneur et fortificateur |
Auteur des travaux de 1586 (douves, châtelet). |
| Charles de Montesson - Marquis propriétaire |
Possesseur en 1660 pendant le XVIIe siècle. |
| Jean-Baptiste de Montesson (1687–1769) - Dernier seigneur notable |
Époux de la maîtresse du Régent. |
| Alexis-Bruno de Vassé-Montesson - Acquéreur en 1775 |
Propriétaire avant la Révolution. |
| René-Charles de Montesson - Marquis héritier |
Rachat post-révolutionnaire du domaine. |
Origine et histoire
Le château de Montesson, situé à 800 mètres à l’ouest du bourg de Bais en Mayenne, trouve ses origines dans une maison seigneuriale attestée dès 1415 sous le nom de Montouesson. Au fil des siècles, le domaine évolue : en 1586, René de Montesson obtient l’autorisation d’Henri III pour fortifier le château, creusant des douves et érigeant un pavillon carré flanqué de tourelles rondes, ainsi qu’un double pont-levis. Ce châtelet, orné de modillons et de toits aux formes tourmentées (dont un en contrecourbes et une tourelle en cloche étranglée), illustre l’architecture militaire de la fin du XVIe siècle. Les meurtrières horizontales renforcent la défense de l’accès principal, tandis que l’ancien logis médiéval, remanié, reste habité jusqu’au XVIIe siècle.
Pendant le XVIIe siècle, le château conserve son rôle résidentiel, bien que les aménagements semblent limités. En 1660, Charles de Montesson, marquis, en est le propriétaire. Un inventaire de 1765 décrit un corps de logis modeste (cave, cuisine, chapelle, écuries) entouré de jardins ceints de murailles et de fossés (l’un en eau, l’autre sec), ainsi qu’une allée pavée menant au bourg. Le domaine, estimé à seulement 5 050 livres en 1778 contre 39 000 pour la métairie, révèle une dépréciation relative. Le château aurait aussi été occupé par les troupes royales lors des troubles religieux de la fin du XVIe siècle, comme en témoigne une mention de 1597 exonérant les habitants du Mans du prix du blé saisi sur place.
La famille de Montesson, propriétaire pendant des siècles, cède finalement le château par manque de moyens. En 1775, Alexis-Bruno de Vassé-Montesson en hérite avant une vente nationale en 1799 (27 fructidor an VII). Le domaine revient ensuite à René-Charles de Montesson, marquis et héritier de la branche cadette. Au début du XXe siècle, le château abrite les derniers membres de la Petite Église, un mouvement religieux dissident. Classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1996, il conserve aujourd’hui son châtelet Renaissance, ses douves, et des vestiges de l’enceinte fortifiée, dont les tours arasées et les ponts de pierre.
L’histoire du château est indissociable de sa lignée seigneuriale, depuis Jean de Montesson (marié en 1370) jusqu’à Jean-Baptiste de Montesson (1687–1769), époux de Charlotte Jeanne Béraud de La Haye de Riou, maîtresse de Louis-Philippe d’Orléans. Les archives mentionnent aussi des conflits, comme celui opposant Raoul Hubert de Montesson à Pierre de Bouillé en 1490. L’édifice, marqué par des phases de déclin (ventes successives, occupation par des particuliers), reste un exemple rare d’architecture hybride, mêlant médiéval, Renaissance et XVIIe siècle.