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Château de Montfalcon en Savoie

Savoie

Château de Montfalcon

    214 Route du Château
    73410 La Biolle

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
2000
1084
Première mention du site
1252
Vente à Béatrice de Savoie
1268
Exclusion de l’héritage
1275
Transmission aux enfants de Thomas II
1306
Intégration à la maison de Genève
1309 et 1313
Incendies du château
1524
Réunion des coseigneuries
1566
Vente à Louis Oddinet
1600–1601
Destruction probable
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Gauthier de Montfalcon - Seigneur et fondateur Fonda le prieuré de Saint-Innocent en 1084.
Bernard Farguil de Montfalcon - Seigneur vendeur Céda ses biens à Béatrice de Savoie.
Pierre II de Savoie - Comte de Savoie Exclut le château de l’héritage.
Amédée V de Savoie - Comte récepteur Reçut le château de son frère.
Amédée II de Genève - Seigneur genevois Intégra le château en 1306.
Charles III de Savoie - Duc héritier Réunit les coseigneuries en 1524.
Louis Oddinet - Baron acquéreur Acheta le fief en 1566.

Origine et histoire

Le château de Montfalcon, mentionné dès le XIe–XIIe siècle sous le nom Mons Falconis, est un ancien château fort savoyard du XIIIe siècle. Situé sur un mamelon isolé à 542 mètres d’altitude, il dominait la vallée de l’Albenche et surveillait les routes commerciales entre Chambéry, Annecy et le lac du Bourget. Son rôle stratégique était renforcé par sa proximité avec le château de Longefan.

Le site est cité pour la première fois en 1084, lorsque Gauthier de Montfalcon et son épouse Bulgrade fondent le prieuré de Saint-Innocent. Le premier document officiel date de 1252, quand Bernard Farguil de Montfalcon vend ses biens à Béatrice de Savoie, comtesse de Provence. En 1268, le comte Pierre II de Savoie exclut le château de l’héritage de sa fille Béatrice, avant qu’il ne passe à ses nièces Marguerite et Éléonore, puis aux enfants de Thomas II de Piémont en 1275. En 1286, Louis de Savoie le cède à son frère Amédée V, puis il intègre le domaine de la maison de Genève en 1306.

Le château, objet de conflits, est incendié en 1309 par Hugues de Genève, puis en 1313 par Amédée III de Genève. La seigneurie de Montfalcon, en indivision, s’étendait sur La Biolle, Albens, Saint-Girod et des hameaux de Saint-Germain et Aix. Plusieurs familles se partagent son contrôle, dont les Montfalcon, les La Balme et les Mouxy. En 1524, Charles III de Savoie réunit les coseigneuries, avant que le fief ne soit vendu en 1566 à Louis Oddinet, puis transmise par héritages et mariages aux Seyssel-La Chambre et aux Allinges.

Le château, probablement détruit pendant la guerre franco-savoyarde (1600–1601), servit de carrière au XIXe siècle. Ses vestiges incluent une enceinte polygonale de 400 mètres, un donjon roman du XIIe siècle, une tour-résidence du XIIIe siècle et les traces d’une chapelle Saint-Antoine. Les fouilles ont révélé des pierres antiques réemployées, probablement issues du vicus romain d’Albens.

Siège d’une châtellenie dépendant du bailliage de Savoie, Montfalcon abritait un châtelain chargé de percevoir les revenus fiscaux et d’entretenir l’édifice. Le donjon servait de résidence à cet officier, nommé pour une durée déterminée. Les archives départementales de Savoie conservent des comptes de châtellenie datant du XIIIe au XVIe siècle, témoignant de son importance administrative.

Aujourd’hui, les ruines du château, accessibles depuis le hameau de Montfalcon par d’anciennes routes médiévales, offrent un panorama sur la région. Le site illustre l’architecture militaire savoyarde et les dynamiques seigneuriales du Moyen Âge, marquées par des alliances familiales complexes et des conflits territoriaux récurrents.

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