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Château de Montferrand dans l'Hérault

Hérault

Château de Montferrand

    Chemin GR 60
    34270 Saint-Mathieu-de-Tréviers

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1132
Première mention historique
1215
Confié à l'évêque de Maguelone
1574
Prise par les protestants
1611
Renforcement des défenses
1709
Début du démantèlement
2022
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Alphonse Jourdain - Comte de Toulouse Revendique le château au XIIe siècle.
Raymond VI de Toulouse - Comte dépossédé Château confisqué en 1215.
Antoine de Cambous - Capitaine catholique Reprend le château en 1584.
Pierre de Fenouillet - Évêque de Maguelone Renforce les défenses en 1611.
Guillaume Pellicier - Diplomate Meurt au château en 1568.
Jacques Valat - Châtelain à vie Nommé en 1623, meurt en 1659.

Origine et histoire

Le château de Montferrand est une forteresse médiévale édifiée au XIIe siècle sur un éperon calcaire du pic Saint-Loup, à 400 mètres d’altitude. Appartenant initialement aux comtes de Melgueil, il domine le village de Saint-Mathieu-de-Tréviers et s’inscrit dans un paysage de garrigue. Son accès, autrefois réservé aux piétons via le GR 60, est aujourd’hui interdit pour des raisons de sécurité (risques d’éboulements), et le site est clôturé depuis 2018.

Le château trouve ses origines sur un site romain fortifié, mentionné pour la première fois au début du XIIe siècle. En 1132, il est attesté comme propriété des comtes de Melgueil, un comté divisé en deux districts : Melgueil (actuel Mauguio) et Montferrand. Durant la croisade des Albigeois (1215), le pape confisque le château à Raymond VI de Toulouse et le remet à l’évêque de Maguelone, qui cumule alors pouvoirs spirituels et temporels. Le site devient un alleu pontifical, exempt de redevances, et l’évêque y frappe même sa propre monnaie, le denier melgorien.

Au XVIe siècle, le château est le théâtre des guerres de Religion. Les protestants s’en emparent en 1574, avant qu’Antoine de Cambous ne le reprenne pour les catholiques en 1584. Ce dernier le modernise en s’inspirant de la Renaissance, tandis que sa fille s’y marie avec Jean de Ratte. Au siècle suivant, l’évêque Pierre de Fenouillet renforce ses défenses en 1611 pour résister à l’artillerie, creusant un fossé dans la roche et ajoutant une première enceinte. Malgré les sièges protestants (notamment celui levé après un bombardement) et catholiques (mené par le duc de Montmorency en 1622), le château reste invaincu jusqu’à sa démolition partielle au XVIIIe siècle.

Sous Louis XIV, Colbert de Croissy obtient l’autorisation de démanteler le château en 1709, mais les difficultés de transport limitent les destructions. Les pierres sont promises à quiconque accepte de participer à sa démolition. Au XXIe siècle, la communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup en devient propriétaire en 2009 et lance un programme de sauvegarde en 2017. Classé monument historique en 2022, puis à nouveau en 2024, le site fait l’objet d’un projet de valorisation visant à stabiliser les ruines et à créer des espaces culturels, sans reconstruction.

Aujourd’hui, le château de Montferrand illustre les enjeux de préservation d’un patrimoine médiéval fragile. Bien que fermé au public, son histoire reflète les conflits religieux, les pouvoirs épiscopaux et les transformations architecturales entre Moyen Âge et Renaissance. Son avenir dépend désormais des travaux de consolidation et de mise en sécurité entrepris par les collectivités locales, en partenariat avec la DRAC.

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