Origine et histoire du Château de Montferrand-le-du Château
Le château de Montferrand-le-Château est un ancien château fort des XIe et XIIe siècles, aujourd’hui en ruine, situé sur une falaise surplombant le Doubs à 354 mètres d’altitude. Ses vestiges, protégés depuis 1926 et classés sur un hectare en 1934, illustrent une enceinte rectangulaire de 60 mètres de long, complétée par un donjon carré et une seconde enceinte englobant un espace de 165 mètres. Le site, stratégiquement positionné, était un point clé des fortifications liées aux sires de Montferrand, famille noble franc-comtoise du XIIIe au XVe siècle.
L’histoire du château est marquée par des conflits régionaux impliquant les seigneurs de Montferrand. Dès 1230, Guillaume et Jean II de Montferrand y sont mentionnés pour la première fois. En 1259, Pierre de Montferrand, en guerre contre l’archevêque de Besançon, subit l’excommunication avant une réconciliation sous l’égide de Saint Louis. En 1268, il détruit le château de Thoraise, propriété de son oncle Hugues, allié du comte de Bourgogne. Le château sert aussi de prison, comme en 1353 lors de l’assassinat de Richard de Montferrand, où sa nièce Osanne et Humbert d’Ornans y sont incarcérés.
Au XIIIe et XIVe siècles, le château abrite une douzaine de familles de sujets, ainsi qu’un châtelain, un procureur et des hommes d’armes. En temps de guerre, les paysans s’y réfugient pour assurer la défense. Les seigneurs de Montferrand, bien que propriétaires, résident principalement à Besançon. Le site comprend une basse-cour prolongée par le bourg, protégée par un pont-levis. En 1300, Eudes de Montferrand et d’autres seigneurs détruisent les châteaux ennemis d’Ornans, Clerval et Pontarlier lors d’un conflit avec Philippe le Bel.
La seigneurie est confisquée par Jean le Bon en 1353, puis passe par alliances successives aux familles de Salins, Vergy, Achey et Grammont. Au XVIe siècle, le château reste un lieu stratégique : en 1594, une revue d’armes y est organisée face à l’invasion d’Henri IV. Acquis en 1606 par Antoine de Pillot, il tombe en ruine après la guerre de Dix Ans (1632-1642), victime d’un incendie et du manque d’entretien. En 1654, une visite révèle des bâtiments brûlés, sauf la chapelle. Les pierres des fortifications servent ensuite à construire les premières maisons du village.
Architecturalement, le château se compose d’un donjon carré surplombant la falaise, d’une enceinte principale et d’un fossé taillé dans le roc. La basse-cour, prolongée par le bourg, abritait des sujets et des infrastructures comme une grange seigneuriale et un four. Les vestiges actuels, situés en forêt, incluent des masures près du donjon. Le site, bien que partiellement détruit, offre un témoignage rare des systèmes défensifs et de la vie seigneuriale en Franche-Comté au Moyen Âge.