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Château de Montflaux à Saint-Denis-de-Gastines en Mayenne

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de Montflaux

    Montflaux 
    53500 Saint-Denis-de-Gastines
Propriété privée
Château de Montflaux
Château de Montflaux
Château de Montflaux
Château de Montflaux
Château de Montflaux
Crédit photo : GO69 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1367
Première mention
28 octobre 1670
Érection en comté
Milieu XVIIe siècle
Construction du château actuel
1er juin 1790
Invasion révolutionnaire
Décembre 1799
Occupation chouanne
7 janvier 1929
Inscription MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château de Montfléaux : inscription par arrêté du 7 janvier 1929

Personnages clés

Charles de Froulay - Constructeur du château Substitue le manoir par l’édifice actuel (XVIIe).
Renée-Caroline-Victoire de Froulay - Marquise de Créquy Dernière héritière, légataire du domaine en 1747.
Gabriel-Philippe de Froulay - Évêque d’Avranches Fils de René de Froulay (1669-1689).
Châteauneuf - Chef chouan Séjourne à Montflaux en 1798.
Jean-Baptiste Le Dauphin (dit Le Vengeur) - Chef chouan Se réfugie au château pendant la rébellion.
Louis-Auguste Le Tonnelier de Breteuil - Héritier par testament Reçoit Montflaux de la marquise de Créquy.

Origine et histoire

Le château de Montflaux, mentionné dès 1367 sous le nom I. de Montflaut, évolue au fil des siècles : manoir en 1592, logis seigneurial en 1603, puis terre érigée en comté en 1670 avec annexion des terres voisines comme Champorin ou Carelles. La seigneurie, mouvante de Mayenne par Charné-Bazeille, était un fief influent incluant droits paroissiaux et justice seigneuriale. Le château actuel, bâti vers le milieu du XVIIe siècle par Charles de Froulay, remplace un manoir médiéval. Son architecture sobre, en granit appareillé, se distingue par deux ailes, des pavillons d’angle, et une chapelle absidiale intégrée dans l’enceinte des douves, dotée d’un campanile effilé.

La Révolution française marque un tournant violent pour Montflaux. Le 1er juin 1790, une centaine d’émeutiers envahissent le domaine, menaçant le fermier général Testard-Maisonneuve et réclamant les réserves de grains autrefois distribuées par la châtelaine, Renée-Caroline-Victoire de Froulay, marquise de Créquy. Le château devient ensuite un refuge pour les chefs chouans comme Châteauneuf en 1798, puis un quartier général pour 500 insurgés en décembre 1799, qui y prélèvent 1400 livres de plomb avant de partir.

Au XXe siècle, l’abbé Angot signale que la galerie du château abritait des portraits des Froulay, des révolutionnaires comme Ledru-Rollin ou Cavaignac, ainsi que des souvenirs des Talleyrand-Périgord, dont la table de la déchéance de Napoléon Ier. La chapelle, transférée depuis Ivoy par décret en 1723, servait de lieu de culte pour les habitants des alentours, avec messes dominicales et fêtes. Le domaine, passé par alliances successives aux Créquy, Matignon, puis Talleyrand, incarne près de sept siècles d’histoire noble et de bouleversements politiques.

Les seigneurs de Montflaux, issus de la puissante famille de Froulay, marquent l’histoire locale dès le XIVe siècle. Parmi eux, Guillaume de Froulay, tué à Castillon en 1453, ou René de Froulay, père de l’évêque d’Avranches Gabriel-Philippe (1669-1689). André de Froulay fonde une collégiale à Saint-Denis-de-Gastines en 1616, tandis que Charles de Froulay, marié à une fille d’honneur d’Anne d’Autriche, meurt en 1671. La dernière héritière, Renée-Caroline-Victoire, légua le domaine à Louis-Auguste Le Tonnelier de Breteuil, dont les descendants, comme Vincent Charles Henri d’Etchegoyen, le conservèrent jusqu’au XIXe siècle.

Le château, inscrit aux Monuments Historiques en 1929, est décrit par les archives comme un édifice bâti à l’antique, entouré de douves, d’un pont-levis, et d’un labyrinthe avec orangerie. Les cartes anciennes (Jaillot, Cassini) mentionnent aussi un moulin, un étang, et trois avenues menant vers Saint-Denis-de-Gastines, Carelles, et la Censive. Pierre-François Davelu (1780) souligne sa chapelle active, ses très belles avenues, et son rôle social pour les habitants environnants, nombreux à y assister aux offices.

La Chouannerie laisse une empreinte durable à Montflaux. En 1798, le chef Châteauneuf y séjournait, tout comme Jean-Baptiste Le Dauphin, dit Le Vengeur. Les archives judiciaires confirment la présence de 400 à 500 Chouans casernés dans le château en décembre 1799, illustrant son rôle stratégique pendant les guerres civiles de l’Ouest. Ces épisodes, ajoutés aux pillages de 1790, reflètent les tensions entre aristocratie et paysannerie dans une région profondément marquée par la contre-révolution.

Liens externes