Origine et histoire du Château de Montflour
Le château de Montflour, situé dans la commune de Tardes (Creuse, Nouvelle-Aquitaine), est un monument dont les parties les plus anciennes remontent aux XVIe et XVIIe siècles. Il était à l'origine le siège d'une seigneurie de la Combraille, région historique du Limousin. L'édifice se compose d'une structure ancienne agrandie au XVIIe siècle par un avant-corps formant pavillon, reflétant l'évolution architecturale de l'époque.
Entre 1880 et 1895, le château a été profondément transformé par Ludovic Souchard, avocat à Montluçon, qui lui a donné l'apparence d'un château fort néogothique. Une tourelle carrée fut ajoutée en 1883, tandis qu'en 1895, un pavillon en forme de donjon crénelé, accompagné d'un faux châtelet à deux tourelles dissymétriques et d'une tour d'escalier, fut érigé à l'ouest. Ces modifications s'inscrivaient dans le goût de l'époque pour le style médiéval romantisé, typique du XIXe siècle.
Le domaine inclut également des dépendances comme une écurie, une étable, une maison de gardien, un pigeonnier et une porcherie, témoignant de son rôle de résidence seigneuriale et d'exploitation agricole. Le château, partiellement inscrit aux monuments historiques en 1996 pour ses façades, toitures et trois pièces intérieures à décor néogothique, a été désaffecté entre les deux guerres mondiales. Aujourd'hui, son intérieur, vide de mobilier, conserve des lambris et décors de style néogothique dans la salle à manger, le salon et le vestibule.
La localisation du château, dans la Combraille, une région de collines et de forêts, reflète son importance historique comme centre de pouvoir local. La seigneurie de Montflour, comme beaucoup d'autres en Limousin, était liée à l'économie rurale et aux réseaux de noblesse provinciale. Les transformations du XIXe siècle illustrent l'engouement des élites bourgeoises pour la réinterprétation architecturale du Moyen Âge, symbole de prestige et de continuité historique.
L'inscription partielle du château en 1996 a permis de protéger ses éléments les plus remarquables, notamment les façades et toitures, ainsi que les décors intérieurs néogothiques. Ces protections soulignent la valeur patrimoniale d'un édifice qui allie plusieurs siècles d'histoire architecturale, des périodes Renaissance et classique à l'éclectisme du XIXe siècle.