Origine et histoire du Château de Montfort
Le château de Montfort, situé à Montigny-Montfort en Bourgogne-Franche-Comté, est une forteresse médiévale édifiée vers 1075 par Bernard de Montfort, proche des ducs de Bourgogne. Perchée à 317 mètres d’altitude, elle domine les vallées du Dandarge, de la Ronce et de la Louère. Son architecture unique, avec sept tours et une basse-cour ceinte de remparts, en fait un exemple remarquable de château fort du XIIIe siècle, bien que ses origines remontent au XIe siècle.
Au Moyen Âge, le château change plusieurs fois de mains par héritages et mariages. Vers 1289, Géraud de Maulmont, conseiller de Philippe IV le Bel, le reconstruit. Il passe ensuite à la famille de Vergy, puis à Geoffroy Ier de Charny (1340) et aux Bauffremont. Le site est aussi lié au Saint Suaire, conservé ici entre 1360 et 1388 par Jeanne de Vergy, avant d’être transféré à Lirey puis Chambéry.
À la Renaissance, le château est saisi par François Ier (1521) après le conflit avec Philibert de Chalon, prince d’Orange. Il revient à la famille d’Orange-Nassau en 1547, avec Guillaume Ier qui entreprend des travaux. Au XVIIe siècle, il est vendu à Louvois (1688), ministre de Louis XIV, puis aux duc d’Harcourt avant d’être acquis en 1731 par Frédéric de La Forest, seul seigneur à y résider.
Au XIXe siècle, le château tombe en ruines après son rachat par un ancien domestique (1817). Sauvé en 1985 par Jean-Marie Fériès, il est cédé en 2011 à la commune. Aujourd’hui, l’association Mons Forti le restaure et l’ouvre au public. Il est protégé depuis 1925 comme monument historique.
Le site se distingue par ses vestiges imposants : une muraille sud de 30 mètres avec trois tours semi-octogonales (dont la tour Amélie), un puits de 28 mètres, et les restes de la salle des gardes. La basse-cour, entourée de remparts, témoigne de son système défensif continu. Le château illustre l’évolution architecturale et politique des forteresses bourguignonnes.
Le Saint Suaire, relique majeure du christianisme, y fut caché pendant 28 ans (1360–1388) par Jeanne de Vergy, avant d’être transféré à Chambéry puis Turin. Cette période marque l’histoire du château, lié aux croisades via Othon de la Roche, qui l’aurait acquis lors du sac de Constantinople (1204).