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Château de Montfort de Montfort en Dordogne à Vitrac en Dordogne

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château Médiéval et Renaissance

Château de Montfort de Montfort en Dordogne

    Le Bourg
    24200 Vitrac

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1200
1300
1400
1500
1600
1700
2000
866
Première mention
1214-1216
Prise et destruction
1309
Retrait de la haute justice
1404 et 1409
Sièges pendant la guerre de Cent Ans
1574
Prise par les Huguenots
1606
Ordre de démantèlement royal
1664
Vente au duc de Roquelaure
XXe siècle
Restaurations et pillages
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Bernard de Casnac - Seigneur d'Aillac, Castelnaud et Montfort Reprend le château en 1215 après Simon de Montfort.
Simon de Montfort - Chef de la croisade des Albigeois Prend le château en 1214 pendant la croisade.
Geoffroy V de Pons - Seigneur de Montfort et d'Aillac Perte de la haute justice en 1309 pour rébellion.
Jacques Ier de Pons - Vicomte de Turenne, seigneur de Montfort Condamné pour lèse-majesté en 1449, exilé en Espagne.
Pierre de Brézé - Seigneur de Montfort après confiscation Cède ses biens au roi en 1481 après emprisonnement.
Antoine de Pons - Seigneur loyal au roi pendant les guerres de Religion Propriétaire lors de la prise huguenote en 1574.
Jean Mercier - Propriétaire et restaurateur au XXe siècle Intègre des éléments du cloître de Béthune.
Ghaith Pharaon - Homme d'affaires saoudien, propriétaire dans les années 1980 Recherché par Interpol, décédé en 2017.

Origine et histoire

Le château de Montfort, situé à Vitrac en Dordogne, est cité pour la première fois en 866 sous le nom de Castrum de Monte Forti. Il domine la vallée de la Dordogne et joue un rôle clé durant les conflits médiévaux, notamment pendant la croisade des Albigeois. En 1214, Simon de Montfort s’en empare avant que Bernard de Casnac, seigneur sanguinaire et époux d’Alix de Turenne, ne le reprenne en 1215. L’année suivante, l’armée de l’archevêque de Bordeaux assiège et détruit le château, qui sera reconstruit par Raymond IV, vicomte de Turenne.

Au XIIIe siècle, le fief de Montfort passe entre les mains de plusieurs familles nobles, dont les Rudel, les Pons et les Brézé. En 1289, Geoffroy V de Pons en hérite, mais en 1309, le roi de France lui retire la haute justice pour avoir protégé des bannis, ordonnant la destruction du château. Pendant la guerre de Cent Ans, Montfort résiste à des sièges en 1404 et 1409, avant d’être abandonné par sa garnison en 1441. Le château change à nouveau de mains au XVe siècle, notamment après la condamnation de Jacques Ier de Pons pour crime de lèse-majesté en 1449.

Au XVIe siècle, le château est pris par les Huguenots en 1574, alors qu’il appartient à Antoine de Pons, seigneur loyal au roi. En 1586, les habitants de Sarlat demandent sa démolition, mais l’attaque n’a finalement pas lieu. Le château, détruit et reconstruit à cinq reprises entre 1214 et 1606, est vendu en 1664 au duc de Roquelaure. Au XXe siècle, il est partiellement restauré par Jean Galmot et Jean Mercier, qui y intègre des éléments architecturaux sauvés de destructions, comme des colonnes du cloître de Béthune. Pillé pendant la Seconde Guerre mondiale, il change encore de propriétaires, dont l’homme d’affaires saoudien Ghaith Pharaon.

Le château de Montfort ne se visite pas aujourd’hui. Son histoire reflète les luttes de pouvoir, les guerres de Religion et les transformations architecturales qui ont marqué le Périgord du Moyen Âge à l’époque moderne. Les vestiges actuels témoignent de ses multiples reconstructions et de son rôle stratégique dans la région.

Parmi les épisodes marquants, on note la cession forcée des fiefs de Montfort, Carlux et Aillac par Jacques de Brézé au roi Louis XI en 1481, après son emprisonnement pour le meurtre de son épouse. En 1486, Guy de Pons récupère ces terres avant qu’elles ne passent à ses descendants. Le château, symbole de résistance, incarne aussi les rivalités entre seigneurs locaux et la couronne.

Au début du XXe siècle, des éléments du château sont démontés et réutilisés, comme une tour remontée contre le logis principal. Jean Mercier, propriétaire en 1921, y aménage une pergola avec des colonnes médiévales sauvées de Béthune. Le site, marqué par des épisodes violents comme le pillage par des maquisards espagnols pendant la Seconde Guerre mondiale, reste un témoignage architectural des tumultes de l’histoire périgourdine.

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