Origine et histoire du Château de Montfrin
Le château de Montfrin, situé dans le département du Gard en région Occitanie, trouve ses origines au XIIe siècle avec une première structure défensive, probablement une tour romaine ou un château primitif. Les vestiges du XIIIe siècle, comme la cour de la citerne et des parties des remparts, attestent de son rôle stratégique médiéval. Le monument fut profondément remanié aux XVIIe et XVIIIe siècles, adoptant un plan symétrique avec des bâtiments organisés autour d’une cour d’honneur, typique des demeures aristocratiques de l’époque. Les jardins, attribués à Jules Hardouin-Mansard, architecte emblématique du classicisme français, soulignent l’importance du site sous l’Ancien Régime.
Au XIXe siècle, une restauration générale en 1853 modernisa partiellement l’édifice, tout en préservant des éléments historiques comme le grand escalier orné de peintures en trompe-l’oeil représentant Louis XIV et ses maréchaux. Le château fut également le théâtre d’événements marquants : il accueillit des figures telles que saint François d’Assise, Saint-Louis, Louis XIII, Richelieu et Louis XIV, confirmant son statut de lieu de pouvoir et de représentation. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il servit de quartier général à la Luftwaffe, abritant successivement les généraux Johannes Fink et Hans Korte, avant d’être libéré par les troupes françaises en 1944.
Acquis en 1925 par Robert Servan-Schreiber, puis transmis à sa descendance, le château conserve des traces de son occupation militaire, comme la salle à manger aux lambris Louis XVI et la fontaine murale. Aujourd’hui, il reste un symbole du patrimoine local, mêlant histoire médiévale, architecture classique et mémoire contemporaine, tout en étant associé à la production d’huile d’olive sous le nom Château de Montfrin.
La commune de Montfrin, classée en zone rurale, tire une partie de son identité de ce monument classé en 1985, complété par d’autres édifices protégés comme l’église Notre-Dame-de-Malpas (XIIe siècle) ou l’hôtel de Calvières. Le château s’inscrit ainsi dans un paysage historique plus large, marqué par la présence templière (commanderie inscrite en 2003) et une géologie unique, façonnée par des millions d’années de sédimentation et d’érosion, entre Rhône et Gardon.
Le site, ouvert à la visite, illustre aussi les défis contemporains de préservation, dans un territoire exposé aux risques naturels (inondations, retrait-gonflement des argiles) et riche d’un patrimoine environnemental remarquable, comme les Costières de Nîmes ou le site Natura 2000 des costières nîmoises.