Frise chronologique
1484
Premier Durand attesté
Premier Durand attesté
1484 (≈ 1484)
Testament de Pierre Durand le vieux.
1515
Chapelle privée des Durand
Chapelle privée des Durand
1515 (≈ 1515)
Autorisation de construction dans l’église.
1554
Acquisition des droits seigneuriaux
Acquisition des droits seigneuriaux
1554 (≈ 1554)
Guillaume Durand achète le titre.
1555
Inscription de Guillaume Durand
Inscription de Guillaume Durand
1555 (≈ 1555)
Affirmation de son statut seigneurial.
1842
Vente et destruction partielle
Vente et destruction partielle
1842 (≈ 1842)
Démolition pour transformation en presbytère.
1992
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1992 (≈ 1992)
Inscription du château (sauf salle classée).
1995
Classement de la décoration intérieure
Classement de la décoration intérieure
1995 (≈ 1995)
Protection de la fresque *Tentation de saint Antoine*.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château, à l'exception de la salle classée (cad. C 77 à 79) : inscription par arrêté du 27 janvier 1992. Salle renfermant une peinture murale illustrant les Tentations de Saint-Antoine d'après une gravure de Callot (cad. C 77) : classement par arrêté du 17 février 1995
Personnages clés
| Pierre Durand le vieux - Ancêtre de la lignée |
Premier Durand mentionné (1484). |
| Bernard Durand - Mécène et bâtisseur |
Finance l’église et obtient une chapelle. |
| Guillaume Durand - Premier seigneur de Montgeard |
Achète les droits seigneuriaux (1554). |
| Jacques Durand - Donateur généreux |
Offre 50 000 briques pour le clocher. |
| Jean Durand - Maître d’ouvrage |
Supervise la fin des travaux. |
Origine et histoire
Le château de Montgeard, aussi nommé hôtel Durand, est un ancien hôtel particulier situé au cœur du village de Montgeard, en Haute-Garonne. Construit entre le XVe et le XVIe siècle par la famille Durand, enrichie grâce au commerce du pastel, il a été profondément transformé au fil des siècles. Initialement une simple « maison » médiévale, il fut agrandi et embelli pour refléter l’ascension sociale des Durand, devenus seigneurs locaux au milieu du XVIe siècle. Le château conserve des éléments gothiques tardifs, comme des caves voûtées et des fenêtres à meneaux, ainsi que des ajouts Renaissance, dont une échauguette défensive et une décoration sculptée.
La famille Durand, originaire du Lauragais, a marqué l’histoire locale par son mécénat et son ambition. Bernard Durand, puis ses fils Jacques, Jean et Guillaume, ont joué un rôle clé dans la construction de l’église du village et l’acquisition des droits seigneuriaux en 1554. Guillaume Durand, premier seigneur de Montgeard, fit du château un symbole de son pouvoir, comme en témoigne une inscription latine datée de 1555. Le monument fut partiellement détruit au XIXe siècle, après sa vente en 1842, perdant près de la moitié de sa structure d’origine, dont une tour d’escalier et des dépendances.
Classé Monument Historique en 1992 pour son architecture et en 1995 pour sa décoration intérieure (notamment une peinture murale du XVIIe siècle inspirée de Jacques Callot), le château a connu diverses fonctions : presbytère, café, épicerie, avant d’être restauré depuis les années 1970. Ses façades mêlent des baies gothiques à des fenêtres Renaissance, tandis que ses intérieurs conservent des cheminées ornées et des plafonds à poutres. Malgré les destructions, il reste un témoignage rare des résidences urbaines de la transition gothique-Renaissance en Occitanie.
Le château s’inscrit dans un contexte historique marqué par les Guerres de religion, qui ont conduit à renforcer ses défenses, comme l’échauguette encore visible. Les Durand, grands bâtisseurs, ont aussi érigé le château de Fajac-la-Relenque et un pigeonnier, affirmant leur domination locale. Leur déclin au XIXe siècle a entraîné la dispersion d’éléments architecturaux, comme des fenêtres à meneaux retrouvées à Nailloux. Aujourd’hui, le château, en partie reconstitué, offre un aperçu de l’opulence des marchands de pastel et de leur héritage architectural.
L’édifice se distingue par ses caves médiévales, ses fenêtres à meneaux décorées de « marmousets » (figurines grotesques), et une orangerie ajoutée au XVIIIe siècle. La salle classée abrite une fresque monumentale représentant la Tentation de saint Antoine, copiée d’une gravure de Callot. Les modifications successives, des arcades commerciales du XVe siècle aux baies élargies du XVIIIe, reflètent l’évolution des modes de vie et des besoins défensifs. Le château illustre ainsi l’adaptation d’une demeure noble aux aléas de l’histoire, entre prestige, conflits et déclin.