Origine et histoire du Château de Montgey
Le château de Montgey, bâti sur un promontoire rocheux à 320 m d’altitude, surplombe la plaine entre Toulouse et Revel. Son nom viendrait de Mons Jovis (montagne de Jupiter), suggérant une occupation romaine dès le Ier siècle av. J.-C. Des vestiges antiques, comme une tête sculptée intégrée aux murs et des poteries, confirment cette origine. Une voie romaine reliait d’ailleurs Toulouse à l’oppidum voisin de Berniquaut, traversant l’actuel parc du château.
Au XIIe siècle, les murailles ouest et nord, épaisses de plus de trois mètres, sont édifiées sur des fondations romaines, peut-être celles d’un ancien fanum (temple). Le château devient au XIIIe siècle la propriété de la famille de Roquefort, impliquée dans la croisade des Albigeois. En 1211, la bataille de Montgey oppose les croisés de Simon de Montfort aux troupes locales menées par Jourdain de Roquefort et le comte de Foix, se soldant par une défaite cuisante pour les premiers. Le château, temporairement pris, est repris en 1218 par Jourdain, allié au comte Raymond VII de Toulouse.
La légende du trésor des cathares persiste à Montgey, liée au beau-frère de Jourdain, Raymond de Péreille, seigneur de Montségur. Au XIVe siècle, les descendants de Roquefort cèdent la place à d’autres propriétaires. Pendant la guerre de Cent Ans, une attaque anglaise aurait été repoussée grâce à des ruches secouées sur les assaillants, valant au village le surnom de Montgey la Mouche. Les abeilles étaient alors appelées mouches à miel.
À partir de 1464, le château change fréquemment de mains. Au XVIIe siècle, Charles de Franc, garde du corps de Richelieu et inspiré par Les Trois Mousquetaires (sous le nom de Cahusac), le modernise : galerie à l’italienne, cheminée Renaissance inspirée de l’école de Fontainebleau, et terrasses aménagées. Les armes nobles, ajoutées sur les tours, sont détruites pendant la Révolution. Au XIXe siècle, un donjon crénelé est érigé, servant de repère géodésique.
Classé monument historique en 1975, le château est aujourd’hui propriété de la famille Bouyssou, qui restaure depuis 1971 son aspect du XVIe siècle. Les visiteurs peuvent y découvrir une cour centrale entourée de quatre tours (dont une heptagonale), des murailles percées de bouches à feu, et des vestiges romains intégrés aux structures médiévales. Les Journées du patrimoine permettent d’explorer ce site marqué par l’Antiquité, les croisades, et les légendes cathares.