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Château de Montigny aux Cent-Acres aux Cent-Acres en Seine-Maritime

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château
Seine-Maritime

Château de Montigny aux Cent-Acres

    Château de Montigny
    76590 Les Cent-Acres
Château de Montigny aux Cent-Acres
Château de Montigny aux Cent-Acres
Château de Montigny aux Cent-Acres
Château de Montigny aux Cent-Acres
Crédit photo : Eloi76 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
XVIe siècle
Vestiges initiaux
milieu du XVIIe siècle
Construction initiale
XVIIIe siècle
Rénovations intérieures
1870
Changement de propriété
années 1950
Fin de la possession Le Gras du Luart
30 décembre 1988
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le château en totalité, y compris les douves et le pont d'accès : les façades et les toitures de l'ensemble des deux ailes des communs bordant la cour de ferme au nord et à l'ouest ainsi que le four à pain et le manège ; les murs de clôture de la cour et des potagers en totalité (cad. A 64, 56, 57, 60, 255) : inscription par arrêté du 30 décembre 1988

Personnages clés

Henri d'Ambray - Commanditaire initial Propriétaire décédé au XVIIe siècle.
Jean-Henri Dambray (1669-1706) - Président au Parlement de Normandie Propriétaire et magistrat influent.
Charles Henri Dambray (1760-1829) - Président de la Chambre des pairs Propriétaire sous la Restauration.
Emmanuel Dambray (1785-1868) - Pair de France et député Dernier propriétaire Dambray avant 1870.
Jacques du Luart (1881-?) - Député de Seine-Inférieure Né au château, propriétaire familial.

Origine et histoire

Le château de Montigny aux Cent-Acres, situé dans la commune des Cent-Acres en Seine-Maritime, est une demeure caractéristique du XVIIe siècle, construite dans le style Louis XIII. L’édifice, en pierre et brique, se compose d’un corps de logis central flanqué de deux ailes en retour, formant un quadrilatère ceint de fossés secs. Chaque angle est marqué par un pavillon coiffé d’un comble indépendant. À l’est, une cour de dépendances et un jardin potager bordent le château, tandis qu’une avenue rectiligne le précède au nord, et un parc dessiné à l’anglaise s’étend au sud.

La construction du château est initiée pour Henri d'Ambray, décédé au milieu du XVIIe siècle, et reste dans sa famille jusqu’en 1870. Cette lignée occupe des charges prestigieuses au Parlement de Normandie avant la Révolution. Parmi ses propriétaires figurent Jean-Henri Dambray (1669-1706), président à mortier au Parlement, son arrière-petit-fils Charles Henri Dambray (1760-1829), président de la Chambre des pairs sous la Restauration, et Emmanuel Dambray (1785-1868), pair de France et député. Après 1870, le château passe à la famille Le Gras du Luart, qui le conserve jusqu’aux années 1950, avec Jacques du Luart, député de Seine-Inférieure, né sur place en 1881.

Les aménagements intérieurs, datant principalement du XVIIIe siècle, incluent des pièces d’apparat au rez-de-chaussée, ornées de décors sculptés et peints. La chapelle, réaménagée au XIXe siècle, présente un lambris et une tribune à trois niveaux. Le château, entouré de communs et de dépendances organisés autour d’une cour, est inscrit aux monuments historiques depuis le 30 décembre 1988. Bien que propriété privée, il illustre l’évolution architecturale et sociale d’une famille parlementaire normande sur plusieurs siècles.

Les vestiges du XVIe siècle, visibles dans les parties basses, attestent d’une origine plus ancienne, mais l’édifice actuel est majoritairement représentatif du XVIIe siècle, avec des remaniements aux XVIIIe et XIXe siècles. La protection couvre non seulement le château et ses douves, mais aussi les façades des communs, le four à pain, le manège, et les murs de clôture des cours et potagers. Ce monument reflète ainsi à la fois l’héritage seigneurial et les adaptations successives aux besoins de ses occupants.

La localisation du château, dans le pays de Caux, en fait un exemple remarquable des manoirs normands, mêlant fonctions résidentielles, agricoles et représentatives. Son histoire, liée à des figures politiques majeures, en fait un lieu emblématique de la mémoire parlementaire et aristocratique de la région. Aujourd’hui, bien que fermé au public, il reste un témoignage architectural et historique préservé, accessible via des sources documentaires comme la base Mérimée ou les archives départementales.

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