Frise chronologique
1606
Début de la construction
Début de la construction
1606 (≈ 1606)
Pierre Jeannin lance les travaux du château.
1623
Aménagements par Pierre de Castille
Aménagements par Pierre de Castille
1623 (≈ 1623)
Escaliers du parc et décoration de la chapelle.
1665
Érection en marquisat
Érection en marquisat
1665 (≈ 1665)
La baronnie devient marquisat sous Louis XIV.
1734
Mariage witnessed by Voltaire
Mariage witnessed by Voltaire
1734 (≈ 1734)
Voltaire assiste à un mariage dans la chapelle.
1735
Incendie du corps central
Incendie du corps central
1735 (≈ 1735)
Dégâts majeurs nécessitant des réparations.
1929
Première protection
Première protection
1929 (≈ 1929)
Inscription aux Monuments Historiques.
1958
Classement définitif
Classement définitif
1958 (≈ 1958)
Façades, toitures et chapelle classées.
1963
Incendie de l’aile nord
Incendie de l’aile nord
1963 (≈ 1963)
Destruction partielle du logis central.
années 1980
Restauration par Goldsmith
Restauration par Goldsmith
années 1980 (≈ 1980)
Travaux majeurs sur jardins et communs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château de Montjeu et ses dépendances à Autun (à l'exception des parties classées) : inscription par arrêté du 9 décembre 1929 ; Façades et les toitures du château lui-même et des communs ; galerie du premier étage ornée de panneaux de bois peint ; chapelle ornée de boiseries (cad. A 7) : classement par arrêté du 19 avril 1958
Personnages clés
| Pierre Jeannin - Fondateur et commanditaire |
Président au Parlement de Dijon, constructeur du château. |
| Pierre de Castille - Gendre de Jeannin |
Amenage escaliers et chapelle en 1623. |
| Nicolas Jeannin de Castille - Héritier et aménageur |
Construisit communs et jardins au XVIIe siècle. |
| Voltaire - Témoin historique |
Assista à un mariage en 1734. |
| Roger Louis Demon - Sauveur du domaine |
Restauration massive post-1939 et Juste parmi les Nations. |
| Jimmy Goldsmith - Mécène contemporain |
Restauration complète dans les années 1980. |
Origine et histoire
Le château de Montjeu, situé à Broye en Saône-et-Loire, fut construit au début du XVIIe siècle par Pierre Jeannin, président au Parlement de Dijon et conseiller d’Henri IV. Ce dernier, répondant aux critiques sur l’isolement du site, affirma : « Je serai toujours assez loin des méchants, et mes amis sauront bien me trouver ». Le domaine, ceint de murs et doté d’étangs alimentant Autun, mêle éléments défensifs (fossés, canonnières) et esthétiques, avec un corps de logis encadré de pavillons et une chapelle ornée de boiseries.
En 1623, Pierre de Castille, gendre de Jeannin, acheva les grands escaliers du parc et décora la chapelle. La baronnie, élevée en marquisat en 1665, vit Nicolas Jeannin de Castille construire les communs et aménager les jardins à la française. Le château fut un lieu de rencontre pour l’aristocratie, comme en témoigne la visite de Françoise de Rabutin-Chantal (tante de Madame de Sévigné) en 1656. Un incendie en 1735 endommagea le corps central, avant que la veuve du président d’Aligre ne modernise les accès en supprimant ponts-levis et mur d’enceinte.
Au XVIIIe siècle, le domaine passa à Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau, puis aux Talleyrand au XIXe siècle. En 1893, la princesse de Ligne en devint propriétaire. En 1939, Roger Louis Demon, industriel, acquit le château en ruine et entreprit une restauration massive : reconstruction des murs du parc (7 km), des jardins (plans de Le Nôtre), du potager, et modernisation des fermes. Durant la Seconde Guerre mondiale, il y cacha une famille juive, lui valant le titre de « Juste parmi les Nations ».
Un incendie en 1963 ravagea à nouveau le logis central, réparé par le docteur Willy Manchot. Dans les années 1980, Jimmy Goldsmith, milliardaire franco-britannique, racheta le domaine et mena une restauration spectaculaire des jardins et communs. Aujourd’hui, ce parc clos de 704 hectares – l’un des plus vastes d’Europe – reste une propriété privée, fermée au public.
Le château allie héritage architectural (classé en 1958) et historique, ayant accueilli des figures comme Voltaire (témoin d’un mariage en 1734) ou des membres de la noblesse européenne. Ses dépendances, dont un pigeonnier et des étangs alimentant Autun, reflètent son rôle économique et social depuis le XVIIe siècle.