Origine et histoire du Château de Montjourdain
Le château de Montjourdain, aussi appelé logis de Mont Jourdain, est situé dans la commune de Chassors, en Charente, à proximité de Jarnac et Cognac. Ce monument du 4e quart du XVIIIe siècle s’inscrit dans un paysage viticole marqué par des demeures bourgeoises. Le logis, isolé au lieu-dit Montjourdin, se distingue par son architecture néo-classique en pierre et tuile charentaise, typique des riches propriétés de négociants en cognac.
Avant la Révolution, le fief de Montjourdain dépendait du comté de Jarnac, soumis à un devoir féodal symbolique. En 1771, le domaine est acquis par Jean Guillé, négociant à Cognac, qui fait édifier le logis actuel vers 1790. Le bâtiment, de plan rectangulaire, présente des frontons triangulaires et curvilignes, ainsi que sept fenêtres par étage, reflétant l’influence bordelaise dans la région.
Au XIXe siècle, la propriété, morcelée, change fréquemment de mains. Abandonné pendant la Seconde Guerre mondiale, le logis est occupé par des réfugiés et tombe en ruine. En 1965, un propriétaire entreprend sa restauration, aboutissant à son inscription aux Monuments Historiques le 7 juin 1968 pour ses façades et toitures. Aujourd’hui, bien que privé, le site accueille parfois des événements culturels.
L’histoire du château est marquée par des familles influentes : les Martin, avocats du roi, les Laisné, seigneurs locaux, puis les La Charlonnerie et Poujaud de Chaignet, avant son acquisition par Guillé. Ces propriétaires successifs illustrent l’évolution sociale et économique de la Charente, liée au commerce du cognac et à l’ascension de la bourgeoisie marchande.
Architecturalement, le château se distingue par son avant-corps en légère saillie, ses frontons ornés d’oculi, et sa corniche continue. Ces éléments, combinés à l’usage de la tuile charentaise, en font un exemple remarquable du néo-classicisme régional. Bien que non ouvert au public, le logis reste un témoignage de l’âge d’or des demeures viticoles entre Cognac et Angoulême.