Frise chronologique
1084
Inféodation aux Montlaur
Inféodation aux Montlaur
1084 (≈ 1084)
Début de la seigneurie de Montlaur.
XIIIe siècle
Construction du donjon et enceinte
Construction du donjon et enceinte
XIIIe siècle (≈ 1350)
Fondation par les Montlaur.
1441–1551
Période des Maubec
Période des Maubec
1441–1551 (≈ 1496)
Ajout de la tour gothique.
XVIe siècle
Transformations renaissantes
Transformations renaissantes
XVIe siècle (≈ 1650)
Loggia italienne par les Modène.
1716–1792
Ère des Vogüé
Ère des Vogüé
1716–1792 (≈ 1754)
Escalier monumental et salons Louis XV.
1792
Pillage révolutionnaire
Pillage révolutionnaire
1792 (≈ 1792)
Devenu bien national.
1810
Acquisition par la ville
Acquisition par la ville
1810 (≈ 1810)
Deviens mairie et tribunal.
2 mars 1943
Classement monument historique
Classement monument historique
2 mars 1943 (≈ 1943)
Protection officielle.
2017–2024
Restauration et reconversion
Restauration et reconversion
2017–2024 (≈ 2021)
Ouverture d’un centre d’art contemporain.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château dit château de Montlaur : classement par arrêté du 2 mars 1943
Personnages clés
| Pons Ier de Montlaur - Premier seigneur (XIe siècle) |
Fondateur de la dynastie locale. |
| Jeanne de Montlaur - Dernière héritière Montlaur |
Épouse un Maubec en 1441. |
| Famille d’Ornano - Seigneurs (1611–1665) |
Renforce défenses et décors. |
| Charles-François de Vogüé - Dernier seigneur (XVIIIe siècle) |
Modernise escalier et salons. |
| Marie Madeleine de Truchet - Épouse de Vogüé |
Supervise les travaux intérieurs. |
| Nicolas Cellier - Artisan du XVIIIe siècle |
Auteur des boiseries Louis XV. |
Origine et histoire
Le château de Montlaur, aussi appelé château d’Aubenas, est un « édifice à métamorphoses » marqué par six familles seigneuriales du XIIIe siècle à la Révolution. Situé sur un promontoire rocheux dominant la vallée de l’Ardèche, il était un poste stratégique entre les Cévennes et le plateau méditerranéen. Son donjon du XIIe siècle, haut de 26,50 mètres, et ses tours rondes du XIVe siècle reflètent son rôle défensif initial, tandis que ses transformations ultérieures (loggia italienne, escalier monumental) en font un témoignage de l’évolution des modes de vie aristocratiques.
La famille de Montlaur (1084–1441) érige le donjon, les murs d’enceinte et les fossés, faisant d’Aubenas une cité prospère grâce à sa position sur un axe commercial majeur entre le Puy-en-Velay et Montélimar. Le château passe ensuite aux Maubec (XVe siècle), qui ajoutent une tour gothique à meneaux, puis aux Modène (XVIe siècle), introduisant une loggia à l’italienne. Les Ornano (XVIIe siècle) renforcent ses défenses (échauguettes, mâchicoulis) tout en l’adaptant à une résidence d’agrément, avant que les Vogüé (XVIIIe siècle) n’y aménagent des salons Louis XV et un escalier d’honneur à la ferronnerie remarquable.
Classé monument historique en 1943, le château devient propriété municipale en 1810 après avoir été pillé pendant la Révolution. Utilisé comme mairie, tribunal, puis lieu d’expositions, il abrite aujourd’hui un centre d’art contemporain après sept années de restauration (2017–2024). Son architecture mêle éléments médiévaux (courtine, tours poivrières), renaissants (galerie d’arcades) et classiques (boiseries XVIIIe), illustrant près de 700 ans d’histoire ardéchoise.
La cour intérieure, cœur du château, révèle cette stratification temporelle : la tour des Maubec (XVe siècle) côtoie l’escalier monumental (XVIIIe siècle), tandis que les toitures vernissées et les fenêtres à meneaux datent des XVIIe et XVIIIe siècles. Les appartements du 1er étage, aux lambris Louis XV, et les salles dédiées à la mémoire locale au 2e étage complètent ce palais hybride, symbole du pouvoir seigneurial et de la vie culturelle contemporaine.
Son emplacement au sommet de la ville, face à la maison Delichères (XVe siècle) et dominant le quartier de Pont-d’Aubenas, rappelle son rôle historique de carrefour économique et social. La place du Château, ancienne basse-cour fortifiée, accueille toujours un marché hebdomadaire, perpétuant le lien entre le monument et la vie locale.