Origine et histoire du Château de Montlaur
Le château de Montlaur, situé à Montaud dans l’Hérault, est l’un des plus anciens châteaux du Bas-Languedoc, mentionné dès le XIe siècle. Il appartenait à la famille de Montlaur, dont certains membres, comme Pons et Bernard, participèrent à la première croisade en 1095 aux côtés de Raymond, comte de Toulouse. Le château se transmit par héritage jusqu’au XVe siècle, avant d’être cédé à la famille de Bousquet-Verlhac en 1592, après le mariage d’une descendante des Montlaur.
En 1120, le château vit la naissance de Jean Ier de Montlaur, futur évêque de Maguelone, connu pour avoir contribué à la condamnation de l’hérésie cathare par le Pape, déclenchant ainsi la croisade contre les Albigeois. Le site joua un rôle stratégique pendant les guerres de Religion : en 1573, il résista à un siège des troupes protestantes, puis tomba en 1622 après une semaine d’assaut mené par Henri de Rohan. Les fortifications furent alors démantelées, et le village de Montaud naquit des ruines du château.
Le château, en raison de sa résistance en 1622, valut à la famille de Montlaur l’ajout de sept fleurs de lys sur leurs armoiries par Louis XIV en 1664. Bien que ruiné depuis le XVIIe siècle, le site reste un exemple marquant de l’architecture militaire médiévale, dominant la plaine jusqu’à la mer depuis un contrefort cévenol. Il fut classé monument historique en 1942 pour ses vestiges, incluant une tour de guet et des ouvrages fortifiés.
La baronnie de Montlaur, rattachée au château, fut érigée en marquisat en 1679 au profit d’Étienne de Bousquet. Au XVIIIe siècle, le domaine passa aux mains de la famille de Villardi par héritage, après la mort sans descendance de Jacques-Josèphe-Toussaint-Hercule de Bousquet en 1748. Depuis cette époque, le château est resté dans la même lignée familiale, bien que jamais reconstruit après sa destruction.
Aujourd’hui, les ruines du château de Montlaur, situées sur une terrasse fortifiée en forme de pentagone irrégulier, offrent un témoignage des conflits religieux et des stratégies défensives du Moyen Âge et de la Renaissance. Leur position géographique, entre garrigues et plaine, en fait un site emblématique de l’histoire languedocienne, lié à des figures comme Jean de Montlaur ou Henri de Rohan.