Origine et histoire du Château de Montluc
Le château de Montluc, situé à Estillac en Lot-et-Garonne, trouve ses origines au XIIIe siècle sous la famille d'Autièges. Ses éléments les plus anciens datent de cette période, mais c'est au XVIe siècle que le site prend son essor sous les Mondenard, qui y ajoutent des bâtiments de style Renaissance. Le monument passe ensuite à Blaise de Monluc en 1544 par héritage, marquant le début d'une transformation majeure.
Blaise de Monluc, maréchal de France, entreprend d'importants travaux après 1571, notamment une enceinte bastionnée inspirée de ses campagnes en Italie. Ces aménagements, incluant des bastions protégeant l'entrée, visent à rendre le château défendable pendant les guerres de religion. Il prévoit également une chapelle funéraire dans le bastion Est, où un cénotaphe en marbre blanc, représentant son gisant en armure, est érigé à l'extérieur des murailles.
Le château, de plan trapézoïdal presque triangulaire, intègre des innovations militaires comme les bastions, annonçant les fortifications de Vauban. Après la mort de Monluc en 1577, le domaine passe à ses descendants, puis à diverses familles nobles par mariages et ventes successives. Au XVIIIe siècle, il est acquis par René-Louis de Montadouin, puis par François-Louis de Brondeau d'Urtières en 1787, avant de se transmettre aux familles de Laroche, de Flaujac et Barbara de Labelotterie de Boisséson.
Classé Monument Historique en 1958, le château conserve des éléments médiévaux comme ses cuisines du XIVe siècle. Son cénotaphe, inscrit dès 1947, témoigne de l'héritage de Blaise de Monluc, dont les Commentaires furent en partie rédigés dans ces murs. Les défenses supérieures du bastion Est, démolies en 1793, rappellent les bouleversements révolutionnaires qui ont marqué son histoire.
Les influences architecturales italiennes, visibles dans les ailes et les bastions Sud et Est, reflètent les échanges culturels de la Renaissance. Le château, point de départ des expéditions de Monluc contre les protestants, illustre aussi les tensions religieuses de l'époque. Aujourd'hui, son salon orné d'une tenture imitant le damas et d'un portrait de Charles X rappelle les transformations ultérieures du lieu.
Les sources historiques, dont les travaux de Georges Tholin et Jean-Pierre Babelon, soulignent son rôle dans l'évolution des fortifications françaises. Le site, ouvert à la visite, reste un témoignage majeur de l'histoire militaire et noble de la région, entre Moyen Âge et époque moderne.