Crédit photo : Daniel VILLAFRUELA. - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
Fermé à la visite. Propriété privée.
2 Rue du Château 30730 Montpezat
Frise chronologique
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
994
Première mention
Première mention 994 (≈ 994)
Cité sous le nom *Alsas* dans un acte.
1156
Bulle papale
Bulle papale 1156 (≈ 1156)
*Castrum Montis-Pesati* propriété de l’évêque de Nîmes.
1269
Cession à Saint-Louis
Cession à Saint-Louis 1269 (≈ 1269)
L’évêque de Nîmes le cède au roi.
1521
Vente à Pierre Trémolet
Vente à Pierre Trémolet 1521 (≈ 1521)
Médecin de François Ier en devient propriétaire.
1569
Massacre des protestants
Massacre des protestants 1569 (≈ 1569)
Assaut final par le maréchal de Damville.
1789
Incendie et pillage
Incendie et pillage 1789 (≈ 1789)
Endommagé pendant la Révolution française.
1949
Inscription MH
Inscription MH 1949 (≈ 1949)
Façades et toitures protégées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures : inscription par arrêté du 6 décembre 1949
Personnages clés
Saint-Louis - Roi de France
Propriétaire du château en 1269.
Pierre Trémolet - Médecin de François Ier
Acheteur du château en 1521.
Maréchal de Damville - Chef militaire catholique
Responsable du massacre de 1569.
Origine et histoire du Château de Montpezat
Le château de Montpezat est mentionné pour la première fois en 994 sous le nom d’Alsas, puis en 1119 comme castrum Montis-Pesati dans une bulle papale de 1156. À l’origine propriété de l’évêque de Nîmes, il est cédé à Saint-Louis en 1269, qui y aurait séjourné. Son nom évolue du latin Mons Pezatus (« mont brisé » ou « défriché »), reflétant son rôle stratégique sur les contreforts cévenols.
Au XVIe siècle, le château change de mains : vendu en 1521 à Pierre Trémolet, médecin de François Ier, il devient un enjeu pendant les guerres de Religion. En 1569, les protestants s’y réfugient avant d’y être massacrés par les troupes du maréchal de Damville. L’édifice, incendié en 1789, est sauvé par les habitants, mais ses escaliers sont brisés et ses appartements pillés. Avant la Révolution, il formait un quadrilatère fermé, avec une chapelle sur une terrasse sud.
Architecturalement, le château conserve trois corps de bâtiment entourant une cour. L’aile nord, percée d’arcades et d’une porte du XVe siècle, contraste avec l’aile est, dotée d’une tour carrée partiellement ruinée et d’une galerie en encorbellement. L’aile ouest se termine par une tour ronde flanquée d’une tourelle d’escalier polygonale. Inscrit aux Monuments Historiques en 1949 pour ses façades et toitures, il reste une propriété privée fermée au public.
La commune de Montpezat, rurale et marquée par une économie agricole (viticulture, châtaigniers), a vu sa population croître depuis 1968, atteignant 1 402 habitants en 2023. Le château, symbole de son passé médiéval et des conflits religieux, s’inscrit dans un paysage cévenol entre forêts (46 % du territoire) et terres agricoles (50 %).
Son histoire reflète aussi les dynamiques locales : démantèlement partiel des remparts en 1573 (d’où le puits de la place des Platanes), et une vie communautaire organisée autour de l’église Saint-Sébastien et du temple protestant, tous deux protégés. Aujourd’hui, le château incarne la mémoire d’un village dont l’identité est liée à son patrimoine bâti et naturel.