Origine et histoire du Château de Montréal
Le château de Montréal est un ancien château fort fondé au XIIIe siècle, remanié aux XVIIe et XVIIIe siècles, situé dans le département de l'Ardèche, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Il se dresse sur le mont « Mont Régalis », renommé successivement « Mont Royal », « Mont Réal », puis Montréal. Sa position stratégique à 300 mètres d'altitude domine les vallées de la Ligne et du Roubreau, contrôlant l'accès à Largentière (ancienne Argentaria), ville minière exploitée depuis l'époque gallo-romaine pour son plomb argentifère. Ce château faisait partie d'une ceinture de forteresses édifiées par les évêques de Viviers pour défendre les mines convoitées, avec un donjon culminant à 30 mètres, cœur du système défensif incluant aussi Sanjeaux, Brison, Vinezac et Tauriers.
Le donjon, construit au XIIe siècle au-dessus d'une grotte, fut agrandi au XIIIe siècle par une enceinte et un logis, puis doté à la Renaissance d'une cour à balcon et d'un escalier à vis monumental (daté de 1559). En 1345, la famille de Balazuc acquiert le château après le mariage de Pelette de Montréal et Albert II de Balazuc, conservant le site pendant trois siècles. Fidèles au roi de France, les Balazuc maintinrent Montréal comme un bastion catholique dans une région majoritairement protestante. Le château passa ensuite aux Hautefort de Lestrange en 1638, puis aux Merle de Lagorce en 1742, qui déplacèrent ses tapisseries d'Aubusson vers la mairie de Vallon-Pont-d'Arc.
L'édifice actuel allie deux logis contigus : un donjon quadrangulaire médiéval de 25 mètres de haut, aux murs en bossage et percements d'origine, et un logis Renaissance avec une cour pavée, des fenêtres à meneaux, des balcons suspendus, et une chapelle seigneuriale chauffée par le four à pain. La tour de Joyeuse, située à 50 mètres, présente des traces de sculptures figuratives autour de sa porte. Le château, inscrit aux monuments historiques en 2000, inclut aussi des communs du XVIIIe siècle dans son avant-cour. Son rôle historique fut avant tout défensif, lié à la protection des richesses minières locales, dans un contexte de rivalités religieuses et politiques en Vivarais.