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Château de Montreuil-Bellay en Maine-et-Loire

Château de Montreuil-Bellay

    24 Rue du Tertre
    49260 Montreuil-Bellay

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1025
Concession aux Berlay
XIe siècle
Construction du castrum
1151
Siège de Geoffroy Plantagenêt
1204-1212
Travaux de Philippe Auguste
XVe siècle
Modernisation par les Harcourt
1796
Vente comme bien national
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Foulque Nerra - Comte d’Anjou Fondateur du castrum au XIe siècle.
Berlay (Berlai) Ier - Premier seigneur de Montreuil-Bellay Reçoit le fief en 1025 de Foulque Nerra.
Giraud II Berlay - Seigneur rebelle Vaincu par Geoffroy Plantagenêt en 1151.
Philippe Auguste - Roi de France Reconstruit le château (1204-1212).
Guillaume IV d’Harcourt - Seigneur et modernisateur Construit le Logis neuf (XVe siècle).
Yolande de Laval - Épouse de Guillaume IV Finance la collégiale Notre-Dame.

Origine et histoire

Le château de Montreuil-Bellay trouve ses origines au XIe siècle, lorsque Foulque Nerra, comte d’Anjou, y établit un castrum sur un oppidum pour sécuriser le Loudunois face aux ducs d’Aquitaine et aux vicomtes de Thouars. Ce site, situé au croisement de deux axes majeurs (Angers-Poitiers et Le Mans-Saumur), abritait déjà un moutier près d’un pont carolingien sur le Thouet. La forteresse, construite après des châteaux comme Langeais ou Montrichard, servait aussi à surveiller la route vers Saumur, renforçant le contrôle angevin sur la région.

La seigneurie passe en 1025 à Berlay (Berlai) Ier, vassal de Foulque Nerra, dont la famille donne son nom à la cité : Montreuil-Bellay. Au XIIe siècle, le château subit deux sièges menés par les comtes d’Anjou, dont celui de 1151 où Geoffroy Plantagenêt utilise des tours roulantes et des pierrières pour vaincre Giraud II Berlay, accusé de brigandage. La tour maîtresse, symbole de pouvoir, est rasée après sa reddition. Les Berlay, malgré leur résistance, restent liés au destin des Plantagenêts, puis des rois de France.

Au XIIIe siècle, Philippe Auguste, après avoir rattaché l’Anjou à la Couronne en 1205, entreprend d’importants travaux entre 1204 et 1212 : onze tournelles, des fossés profonds de 20 pieds, et un mur d’enceinte crénelé de 18 pieds de haut. Ces aménagements, coûtant 2 500 livres tournois, transforment le château en une place forte royale. Le site est rendu à Giraud IV Berlay, fidèle à la couronne, avant de passer par mariage aux vicomtes de Melun au début du XIIIe siècle.

La guerre de Cent Ans révèle les faiblesses du château, mal entretenu depuis Philippe Auguste. Guillaume IV de Melun (1382-1415) renforce les défenses : douves autour du Boille (basse-cour), tour neuve près du pont, et remparts urbains pour protéger les habitants des chevauchées anglaises. La basse-cour, lotie de 150 logements en 1382, devient un refuge pour la population. La chapelle castrale, en ruine, est remplacée par une collégiale Notre-Dame au XVe siècle.

Au XVe siècle, Guillaume IV d’Harcourt (1448-1484) et son épouse Yolande de Laval modernisent le château en y ajoutant des éléments résidentiels : le Logis vieux (1445-1458), une galerie d’agrément, et le Logis neuf face au Thouet, doté d’oratoires et de tours d’angle. La tour maîtresse est découronnée, et une collégiale est érigée sur l’emplacement de l’ancienne chapelle. Ces travaux, mêlant confort et défense, reflètent l’influence des cours angevine et lorraine, avec des séjours royaux comme ceux de Charles VII ou Louis XI.

Après les Orléans-Longueville (XVIe-XVIIe siècles), le château passe aux Cossé-Brissac, puis aux La Trémoille. Sous la Révolution, il est saisi et transformé en prison pour femmes royalistes. Vendu comme bien national en 1796, il est restauré au XIXe siècle par les familles Niveleau et Millin de Grandmaison. Classé monument historique en 1979, il appartient aujourd’hui à la famille de Thuy, après des siècles de transformations architecturales et politiques.

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